mercredi 11 avril 2012

Communiqué de Migreurop dont le MRAP est membre

Une bombe à retardement : les réfugiés syriens au Liban

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"Tous les indicateurs sont au rouge : l’affluence des réfugiés syriens, qui débarquent par centaines, risque de dégénérer si des mesures urgentes ne sont pas vite adoptées, notamment par l’État.

Les chiffres, qui varient d’une source à l’autre, sont alarmants : les réfugiés syriens auraient déjà atteint le seuil de 26 000 selon les sources associatives, 15 800, selon le ministère des Affaires sociales qui les répartit comme suit : 8 600 au Liban-Nord, 6 000 dans la Békaa et 1 200 à Beyrouth et dans ses parages.


Si les Libanais et la société civile en général ont réussi, à ce jour, à réagir plus ou moins efficacement afin de contenir ce drame humain, il n’en est pas de même du Liban officiel qui ne semble pas encore réaliser l’ampleur du phénomène et le danger qu’il pourrait représenter à l’avenir s’il n’est pas abordé de manière systématique et rationnelle.

Certes, il va sans dire que l’élan spontané d’un grand nombre de Libanais qui se sont mobilisés pour la cause, cumulé aux efforts entrepris par la société civile (à sa tête le UNHCR, Caritas, le Mouvement social et plusieurs associations islamistes), a donné ses fruits au niveau du soutien immédiat à apporter aux réfugiés, notamment en matière de nourriture et de besoins de première nécessité. Des initiatives qui ont réussi, à ce jour, à assurer la survie de plusieurs centaines de familles arrivées au Liban complètement démunies. Le travail gigantesque effectué en outre par le Comité international de la Croix-Rouge et par la Croix-Rouge libanaise, notamment au niveau des frontières dans le cadre de l’acheminement des blessés, est, à n’en point douter, extrêmement louable du fait des moyens du bord mis en œuvre. Cependant, les premiers arrangements, souvent improvisés sur le terrain, et les aides versées à ce jour commencent déjà à tarir et s’avérer insuffisants par rapport aux besoins. Ils sont en tous les cas très maigres par rapport aux perspectives au plan de l’affluence future, aucune structure d’accueil et de soutien n’ayant été prévue à ce jour par l’État.[...]"