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mardi 5 juin 2012

Communiqué du MRAP

Le MRAP demande l’interdiction du rassemblement du Bloc identitaire devant le siège du PS.

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Jeudi 7 juin 2012, l’organisation d’extrême-droite « Bloc identitaire » appelle à un rassemblement devant les locaux du Parti Socialiste sur le thème « Hollande n’est pas notre président ».
Qu’une organisation qui s’inscrit dans une filiation fasciste (la trajectoire de ses principaux dirigeants en atteste) refuse les résultats du suffrage universel est une menace pour la démocratie même si cela n’étonne pas le MRAP.

Ce rassemblement est l’occasion d’une démonstration raciste et homophobe.

Cette organisation s’est déjà distinguée en organisant des soupes populaires excluant les juifs et les musulmans, contrevenant ainsi aux lois qui répriment racisme et discrimination (ce qui lui a valu des condamnations ou interdictions pour discrimination). Elle incite par ailleurs à la haine raciste en parcourant les rues de certaines villes au petit matin, en diffusant de faux appels de muezzins.

Le « Bloc identitaire », à l’instar de son dirigeant, Fabrice Robert pianote alternativement et selon les époques ou les circonstances , sur les touches du racisme anti-juif, anti-arabe, anti-noir, anti-musulman, mais le fil directeur reste le même : la haine raciale.

Fabrice Robert, qui entend prendre la parole rue de Solférino, a d’ailleurs, dans le passé, déjà fait l’objet d’une condamnation pour négationnisme.

Concernant les sympathies internationales du bloc identitaire, elles inclinent vers le marigot fasciste et génocidaire européen. Le candidat que le « Bloc identitaire » entendait présenter lors des dernières élections présidentielles nie le génocide de Srebrenisca et disculpe Karadjic de ses crimes.

Le MRAP demande l’interdiction de la manifestation prévue le 7 juin 2012, rue Solférino, par le bloc identitaire et ses dérivés organisationnels. Il semble impensable de laisser la rue à une organisation d’extrême-droite qui prône ouvertement la haine raciale et bafoue la souveraineté populaire.

Paris, le 5 juin 2012.

jeudi 24 mai 2012

Communiqué du MRAP Strasbourg


Croix gammées, slogans islamophobes et raciste,
insultes contre le Maire de Strasbourg,

Communiqué

Hier matin rue de l’Unterelsau à Strasbourg sur la façade d’un lieu de prière  musulman, les passants pouvaient voir des  inscriptions à la peinture rouge : cinq croix gammées, « Islam dehors », « Pas de mosquée », « Ries collabo », et en dessous « sale arabe » !

Cette ancienne boulangerie industrielle a été mise à disposition d’une association par la mairie PS de Strasbourg  en 2009 pour sortir les musulmans des caves et des rues en attendant un lieu de prière humain et digne. L’association  concernée « La mosquée de l’Elsau » a pour le quartier un projet très avancé.
Suite à ces inscriptions, la police a commencé une enquête, fait des prélèvements de peinture...

Les  autorités municipales ont condamné ces inscriptions notamment par la voix d’Olivier Bitz et fait aussitôt effacer ces horreurs par le service propreté.
Depuis « le choc des civilisations » prôné par Bush et repris par de nombreux chefs d’Etat et partis, depuis les campagnes électorales islamophobes menées par les partis de l’extrême-droite  et des droites extrêmes en France et en Europe,  les six millions de musulmans de France sont régulièrement stigmatisés.  Ces « théories » ont  des répercussions locales.

Aussi, le comité du MRAP exprime sa sympathie pour les musulmans  bouleversés et choqués  par cette attaque indigne et lâche, condamne fermement ces inscriptions et demande que le ou les coupables soient identifiés et déférés à la Justice.  

Le Maire est dans son rôle de favoriser le vivre ensemble. 
Les inscriptions « Ries collabo », « sale arabe » sont des insultes qui nous révoltent.

Ce vendredi à 13h50 venez au rassemblement 
au bout de la rue de l’Unterelsau !

La fête du parc Schulmeister ce samedi, organisée par la municipalité, est aussi une occasion d’exprimer notre souci de vivre ensemble.
Venez-y nombreux !

Comité de Strasbourg du MRAP
Strasbourg, le  24 mai 2012.

Communiqué du MRAP

Campagne de haine raciste contre Christiane Taubira, l’UMP assure la sous-traitance du Front national...

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En ciblant Christiane Taubira, les députés UMP de la Droite Populaire se font les petits factotums de l’extrême-droite. Cette dernière n’a en effet jamais admis la loi française qui reconnaît la traite négrière comme crime contre l’humanité.
Christiane Taubira étant à l’origine de cette loi, elle est donc la cible politique depuis 1999, de tous ceux qui s’inscrivent dans l’héritage politique des théoriciens du racisme, de l’apartheid, de l’inégalité des races supposées et de la négation du crime commis contre l’humanité à l’encontre des populations noires déportées et réduites à l’esclavage.

Front National, identitaires, Riposte Laïque tous ont lancé une offensive sans précédent contre la ministre. Même RTL donne tribune à Eric Zemmour, Céline  sans la plume, haineux et misogyne, pour déverser sa haine contre la Ministre.

En affirmant que la désignation de Christiane Taubira, lui faisait « mal à la France », le député de l’UMP Jean-Paul Garraud, doute de l’attachement de la Ministre à la République. Quand il ajoute que cette attaque ne s’explique pas par la « couleur de peau » de C. Taubira, la négation sonne alors comme un aveu.

Son acolyte de l’extrême « Droite Populaire »  de l’UMP, Lionel Lucas, a quant à lui été fouiller dans le web des poubelles de l’extrême-droite pour agiter des rumeurs totalement infondées concernant la ministre. L’art de la délation est aussi le patrimoine commun à toutes les droites extrêmes.

Dans cette campagne odieuse contre la ministre, l’UMP apparaît comme la gestionnaire de la régie publicitaire raciste du Front National.

L’attachement de Christiane Taubira à la Guyane n’est à l’évidence pas étranger à ces attaques concertées.

Le MRAP dénonce cette campagne de haine que le Syndicat de la Magistrature relève fort justement comme un ensemble de « sous-entendus racistes et sexistes ».

Au delà de cette condamnation, le MRAP retient des premières propositions de la Ministre l’excellente initiative qui entend supprimer les tribunaux correctionnels pour mineurs, et sa défense réaffirmée des principes d’une justice des mineurs.

Le MRAP espère une politique judiciaire qui redonne toute sa force et son efficacité à la législation française contre le racisme et les discriminations dont le dernier rapport d’Amnesty International donne un bilan accablant.


Paris, le 24 mai 2012.

mardi 22 mai 2012

Communiqué du MRAP

Après la défaite de la droite : deux urgences pour le MRAP

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Le MRAP se réjouit de la défaite de Nicolas Sarkozy et de cette droite qui pendant 5 ans, touche après touche, a mis en place un racisme d’Etat, utilisant, l’Autre, l’étranger, l’immigré, le Rom, le musulman comme bouc émissaire, les rendant responsables de la crise pour protéger les vrais coupables et éviter de proposer de réelles solutions, économiques, sociales et politiques aux problèmes des Français.
Aujourd’hui, le MRAP a deux tâches essentielles :

Combattre sans relâche, pied à pied, l’arsenal idéologique de la droite extrême et du parti d’extrême droite de Marine Le Pen. Contrairement à Nicolas Sarkozy, le MRAP réaffirme que le Front National n’est pas compatible avec la République. Partout, pour les législatives, le MRAP appelle à unir les forces pour faire barrage aux candidats du parti de la haine.

Faire avancer nos revendications :
- fin des contrôles au faciès
- fin de l’impunité des violences policières
- sortir de la politique d’expulsion et de la traque aux sans papiers, avec en première urgence la mise en place d’un moratoire sur les reconduites aux frontières
- fin de la tutelle du ministère de l’intérieur sur les politiques d’immigration
- fermeture des centres de rétention
- arrêt des mesures d’exception pour les citoyens roumains et bulgares (régime transitoire)
- abrogation des mesures discriminatoires envers les Tsiganes et Gens du Voyage, en particulier, suppression du carnet de circulation.
- droit de vote des étrangers non communautaires comme l’une des premières tâches de la future Assemblée Nationale

Au niveau international, le MRAP :
- se réjouit que le nouveau président François Hollande ait annoncé le retrait des troupes françaises d’Afghanistan.
- agira pour que la France reconnaisse les droits du peuple palestinien et se prononce pour des sanctions réelles et efficaces contre Israël
- rappelle l’urgente nécessité d’en finir avec la politique de la françafrique pour établir des relations respectueuses et équilibrées entre la France et les pays africains.

Paris, le 21 mai 2012.

jeudi 3 mai 2012

Communiqué du MRAP

Le MRAP appelle à voter contre Nicolas Sarkozy

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La droite au pouvoir a rompu les amarres républicaines et s’en va très loin du port, dans les eaux troubles de l’extrême-droite. Ces derniers jours Nicolas Sarkozy s’est rapproché encore plus de l’extrême-droite, en affirmant le 24 avril, à Longjumeau, que Marine Le Pen est « compatible avec la République ».
La stigmatisation des immigrés était déjà devenue le thème central de la campagne du président-candidat : le débat télévisé d’hier soir 2 mai est venu enfoncer le clou en brandissant l’épouvantail d’un vote forcément « communautaire » - sur fond de ‘hallal’ et de ‘centres de rétention’ - pour refuser le droit de vote aux élections locales aux  ressortissants non européens vivant en France, comme y sont favorables près de 6 français sir 10 (sondage Harris Interactive réalisé pour La lettre de la citoyenneté  en novembre 2011).

Quant à lui, Gérard Longuet, jadis co-fondateur mouvement Occident et auteur de son premier programme économique, maintenant l’un des principaux ministre de Nicolas Sarkozy, a pu déclarer au journal d’extrême-droite Minute que Marine le Pen était un interlocuteur avec qui on peut parler des « sujets difficiles ». Ce retour dans le marigot de ses premières amours politiques n’étonne pas, il déclarait il y a quelques temps que Malek Boutih ne faisait pas partie du « corps traditionnel français ».

Le désaveu de certains dignitaires de l’UMP ne doit pas faire illusion, il s’agit seulement d’un partage des tâches dans la stratégie présidentielle, afin de ratisser de l’extrême-droite jusqu’au centre de l’échiquier politique. Pour le MRAP, Nicolas Sarkozy et ses proches procèdent à un blanchiment des idées brunes Marine Le Pen, qui dansait hier encore avec les néo-nazis autrichien.

A l’issue du scrutin du 6 mai il serait inconcevable que cette droite extrême, dont Nicolas Sarkozy est le candidat, soit encore en charge des destinées de la France. Le MRAP appelle a voter contre Nicolas Sarkozy.

Paris, le 3 mai 2012.

mardi 27 mars 2012

Communiqué du MRAP

Assez joué avec les peurs et les amalgames !

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Le MRAP s’indigne de l’exploitation honteuse à des fins électorales des crimes de Toulouse et Mautauban. La surenchère raciste et xénophobe à laquelle on assiste sur ce tragique événement entre Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen est intolérable.

Entre les propos de Nicolas Sarkozy (« Je rappelle que deux de nos soldats étaient... musulmans, en tout cas d’apparence ») et ceux de Marine Le Pen (« Combien de Mohamed Merah dans les bateaux, les avions, qui chaque jour arrivent en France remplis d’immigrés? (…) Combien de Mohamed Merah parmi les enfants de ces immigrés non assimilés ? »), c’est à qui saura se montrer le plus odieux.

Le racisme n’est ni un jeu, ni un objet de concours !

La désignation à la vindicte populaire de catégories de population (l’étranger, l’immigré, le Rom, le Comorien, le jeune des quartiers populaires, …) entretient dans notre pays un climat délétère favorable aux passages à l’acte de fanatiques, de quelque nature qu’ils soient.

Les apprentis sorciers jouent avec l’insécurité, la peur, le racisme et la haine qui sont distillés comme un poison sournois et qui gangrène notre société : le poison finit par tuer le vivre ensemble, et tuer tout court.

L’insécurité c’est le mal être social, les quartiers populaires laissés à l’abandon, la casse de l’école, la peur du chômage.

L’insécurité,  ce ne sont pas les étrangers et les immigrés, mais bien des propos racistes et xénophobes destructeurs sur le net !

L’insécurité, c’est la participation de Marine Le Pen à un bal néo-nazi à Vienne, le jour même de commémoration de la libération du camp d’Auschwitz. Le Pen père théorisait hier sur le « détail de l’histoire ». Marine Le Pen profite des derniers évènements tragiques pour relancer l’idée de la peine de mort, châtiment barbare d’un autre temps et nullement dissuasif.

L’insécurité, c’est l’irresponsabilité assumée des propos provocateurs de Ministres en exercice de la République : Monsieur Hortefeux, Madame Morano, et Monsieur Guéant lequel, le 4 février 2012 à Lyon, lors d’une soirée organisée par l’UNI (syndicat étudiant d’extrême droite), n’hésitait pas à déclarer : « nous devons protéger notre civilisation... je considère que toutes les civilisations ne se valent pas ».

Assez joué avec les peurs et les amalgames ! Le MRAP en appelle, notamment en cette période électorale, à la vigilance démocratique, à la résistance citoyenne et aux mobilisations unitaires pour faire échec aux incendiaires qui tuent les valeurs républicaines d’égalité et de fraternité, héritées de 1789, qui sont les nôtres.

Paris, le 23 mars 2012.

samedi 17 mars 2012

Campagne 2012 contre l'extrême droite


Paquet-FN-v2.jpg Paquet-FN-v2b.jpg Paquet-FN-v2c.jpg 

Cliquez sur une des images pour avoir la version haute résolution
(imprimable du A5 au A3)
 Autocollant-Sarkozysme-AffrontNational-site.jpg
Les comités locaux peuvent commander les autocollants au siège national du MRAP.

lundi 5 mars 2012

Communiqué du MRAP

Monsieur Guéant : à quand un statut spécial des musulmans ?

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Le MRAP n’a pas pour habitude de galvauder l’histoire, mais chaque déclaration du ministre de l’intérieur semble puiser ses sources dans les remugles du passé.

En affirmant, à propos du droit de vote des étrangers, que des « conseillers municipaux étrangers rendraient obligatoire la nourriture hallal dans les repas des cantines, ou réglementeraient les piscines à l’encontre des principes de mixité », Claude Guéant vise l’ensemble des musulmans.

Il reprend implicitement la thèse d’extrême-droite de la cinquième colonne, musulmane en l’occurrence, qui menacerait la France.

Les musulmans utiliseraient le droit de vote pour imposer leurs normes supposées à toute la société. Jamais, depuis la fin des années 40, un ministre de l’intérieur n’avait ainsi stigmatisé toute une partie de la population en fonction de son orientation religieuse.

La prochaine étape serait t-elle celle d’un statut spécial des musulmans, les privant de leur droit de vote ?

Le MRAP considère que le ministre de l’intérieur, en service commandé au profit d’un président aux abois électoraux, a définitivement quitté l’espace politique de la droite républicaine pour rejoindre celui d’une droit extrême qui se confond avec l’extrême-droite.

Les républicains de droite sont placés devant leurs responsabilités: jusqu’où vont-ils tolérer cette course-poursuite avec l’extrême-droite, celle d’hier ou d’aujourd’hui ?


Paris, le 4 mars 2012.

lundi 6 février 2012

Manifestation contre la venue de Marine Le Pen à Strasbourg

Le Front National et Marine Le Pen au service de la casse sociale. 


Danger pour les libertés 


Désindustrialisation, délocalisations, flambées des prix, dégradation des services publics, mais les profits versés aux actionnaires s’envolent ! Les défis concernant l’environnement ne sont pas pris en compte.
Nous sommes victimes de la politique néolibérale qui profite aux plus riches.

Pour capter une partie de l’électorat appauvri, déclassé et en colère, le FN, tient un discours social. C’est une imposture. Le 22 octobre 2010, en pleine lutte contre la casse des retraites, Marine Le Pen déclarait : «Voilà deux semaines que la France s’installe dans le chaos, entre grèves, manifestations et blocus… La tolérance zéro doit s’appliquer à tous les émeutiers». Elle projette de supprimer syndicats et acquis sociaux. Quelles sont les références de l’extrême-droite ?
En France la collaboration avec le nazisme, la tentative de coup d’Etat de l’OAS... Et ailleurs la dictature de Pinochet ou des colonels grecs …

Marine Le Pen utilise comme son père la peur, prône une France xénophobe refermée sur elle-même et désigne de faux responsables aux problèmes : les étrangers, les musulmans…
Prétendre, comme l’a claironné son père durant des dizaines d’années, que nous sommes face à une invasion massive d’immigrés est une des contre vérités du FN : il n’y a en France qu’un immigré de plus par an pour 650 habitants. Marine Le Pen parle du « coût de l’immigration », mais, la différence entre ce que les immigrés versent à l’Etat et ce qu’ils en reçoivent représente un gain pour l’Etat de 12,4 milliards d’euros. Il y a en France 2,9 millions d’étrangers; par ailleurs vivent et travaillent à l’étranger 2,5 millions de Français.
Le FN met en avant la «priorité nationale» qui comme «la préférence nationale» établirait un apartheid. Le national-socialisme avant 1933 avait mis en avant le social en faveur des Allemands pour se muer rapidement en dictature sanguinaire.

Le FN est aussi contre le remboursement de l’IVG, il veut mettre le Planning Familial au pas, il est pour le renvoi de la femme au foyer.
Il est pour la restriction des libertés notamment des jeunes, pour une sélection accrue des étudiants, pour une éducation rétrograde.
Il pratique l’intolérance au niveau culturel et de la presse, bien visible déjà où le FN a dirigé une mairie.
Son entourage est révélateur avec le GUD (violent groupuscule d’extrême-droite dont l’ancien leader Frédéric Chatillon est à présent directeur de campagne de Marine Le Pen), avec les intégristes catholiques.
Il soutient des dictatures, veut réintroduire la peine de mort.

La perspective d’une alliance à droite entre un FN « relooké » par Marine Le Pen et l’UMP est en chantier.
Le «projet pour la France» de Marine Le Pen, n’est pas la solution pour sortir de la crise.
Ce projet prépare le terrain à la poursuite et à l’aggravation des méfaits de cinq ans de sarkozysme.

Le 12 février à 15h Marine Le Pen tient un meeting au PMC à Strasbourg.



Pour dire non aux idées d’extrême-droite, 
pour les libertés, la justice, l’égalité et la fraternité, 

manifestons ensemble le dimanche 12 février ! 

Départ place Kléber à 14h30. 



"Collectif Justice et Libertés" et "Collectif D'ailleurs, nous sommes d'ici" 

Initiative soutenue par :

Amis du peuple kurde, ATMF 67, ATTAC-Strasbourg, Cercle Menachem Taffel, Collectif Judéo Arabe et Citoyen pour la Paix, FSU 67, Jeunes Communistes 67, MRAP-Strasbourg, Mouvement de la Paix 67, NPA 67, PCF 67, PCOF 67, Parti de Gauche 67, Planning Familial 67, Ras l'front, Sud - Etudiants, Union Juive Française pour la Paix 67, UNSA - Education, UD CGT du Bas-Rhin, Calima, Jeunes Ecologistes d'Alsace...

dimanche 21 août 2011

Un raisonnement de fou

Quiconque vilipende les privilèges de l’oligarchie, la vénalité croissante des classes dirigeantes, les cadeaux faits aux banques, le libre-échange, le laminage des salaires au prétexte de la concurrence internationale se voit taxer de « populisme » (1). Il fait, ajoute-t-on, « le jeu de l’extrême droite ».

Aussi, quand la justice new-yorkaise refusa de concéder un traitement de faveur au directeur général du Fonds monétaire international (FMI), accusé de viol dans un hôtel de luxe de Manhattan, un commentateur au diapason de la caste dirigeante française, politique et médiatique, s’offusqua de la « violence d’une justice égalitaire »… Il ajouta presque mécaniquement : « La seule chose dont on soit certain est que les sentiments anti-élite alimentés par ce scandale vont accroître les chances du Front national de Marine Le Pen lors de la prochaine élection (2). »

Protéger les « élites » et leurs politiques face à une foule de gueux en colère est ainsi devenu une forme d’hygiène démocratique… La crainte de l’islamisme en Tunisie avait favorisé le régime prédateur de M. Zine El-Abidine Ben Ali ; celle du « marxisme », les victoires de M. Silvio Berlusconi en Italie. La même mécanique mentale pourrait permettre qu’au nom de la peur (légitime) du Front national toutes les politiques auxquelles celui-ci s’oppose deviennent ipso facto sacralisées afin d’éviter « un nouveau 21 avril ». Le peuple se rebiffe contre un jeu politique verrouillé ? On lui réplique que les protestataires sont des fascistes qui s’ignorent.

Laisser s’installer une telle camisole de force intellectuelle constituerait une folie politique. Car l’extrême droite française a mesuré que sa vieille idéologie thatchérienne, sa haine des fonctionnaires et son poujadisme fiscal ont été disqualifiés par le creusement des inégalités sociales et par la dégradation des services publics. Elle n’hésite donc plus à récupérer des thèmes historiquement associés à la gauche. Il y a vingt-cinq ans, M. Jean-Marie Le Pen célébrait le régime de Vichy, les généraux félons de l’Algérie française, et il jouait des coudes pour se faire photographier en compagnie de Ronald Reagan. Sa fille, elle, n’hésite pas à citer le général de Gaulle, à évoquer la Résistance et à proposer la renationalisation de l’énergie et des télécommunications (3). Le fond de sauce xénophobe n’a pas changé, mais ces sentiments-là sont suffisamment installés dans la société et légitimés par le pouvoir pour que désormais l’essentiel du travail de propagande de l’extrême droite se porte ailleurs.

La responsabilité de cette captation d’héritage n’incombe pas seulement à la gauche institutionnelle, embourgeoisée et acquise à la mondialisation libérale. La faiblesse stratégique de la « gauche de gauche », son incapacité à unir les chapelles qui la composent jouent aussi un rôle dans cet engrenage.

Combattre l’extrême droite, ce n’est assurément pas prendre le contre-pied des thèmes progressistes que celle-ci récupère (et dévoie), mais offrir un débouché politique à une population légitimement exaspérée. A l’écart des deux principaux partis espagnols, les manifestants de la Puerta del Sol ont-ils réclamé autre chose ?

Serge Halimi.



(1) Lire « Le populisme, voilà l’ennemi ! », Le Monde diplomatique, mai 1996.
(2) Dominique Moïsi, « The Strauss-Kahn earthquake »,International Herald Tribune, Neuilly-sur-Seine, 18 mai 2011.
(3) Cf. « La défense des services publics, nouveau cheval de bataille du parti lepéniste », Le Monde,21 mai 2011.


Source: http://www.monde-diplomatique.fr/2011/06/HALIMI/20653

mardi 2 août 2011

Communiqué du MRAP

Les analyses du MRAP confortées par la déclaration odieuse de Jean Marie Le Pen !

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Interrogé dans le cadre de l’émission "Le Journal de Bord de Jean-Marie Le Pen", parue sur le site du front national, l'ancien président précise que la société Norvégienne « n’a pas pris la mesure du danger mondial que
représente, d’abord, l’immigration  massive … cause principale, dans l’esprit de ce fou meurtrier. »

Il requalifie alors la tuerie en simple "accident" et fait rejaillir la responsabilité de l'acte sur tout un peuple qui serait coupable du malheur qui le frappe.

Cette déclaration est d'une indignité absolue alors que les familles des victimes enterrent les leurs; elle maintient le Front National au ban de la démocratie.

Marine Le Pen et la droite populaire s'étaient conjointement insurgées du fait que le MRAP accuse les droites-extrêmes européennes de contribuer à un climat qui favorise le passage à l'acte; cette déclaration du président
d'honneur du FN atteste du bien fondé de l'analyse de notre association.

Marine Le Pen tente par tactique électorale de changer l'image de son parti, mais celui-ci compte, aujourd'hui comme hier, le racisme et la xénophobie dans ses fondamentaux. Elle aura beau exclure des "Jacques Coutela" qu'elle
a  adoubé, elle laisse des "Jean Marie Le Pen" dont elle est la fidèle héritière  politique, exhaler leurs remugles haineux.

Plus que jamais il est urgent de répondre à l'appel de la Haut-Commissaire aux  droits de l'homme des Nations Unies, pour que les responsables et chefs d'Etat se saisissent de la montée du racisme et de la xénophobie.

Pour l'heure, le discours de Grenoble de Nicolas Sarkozy et ses relais entretenus par la  Droite dite "populaire", focalisés sur la lutte contre l'immigration et les obsessions identitaires, donnent le plus mauvais exemple d'un Gouvernement peu préoccupé par la montée du racisme et de la xénophobie.

Paris, 31 juillet 2011

vendredi 29 juillet 2011

Communiqué du MRAP

Le MRAP apporte toute sa solidarité à Yannick Noah qui a fait l’objet de menaces de mort et d’injures racistes à l’occasion de l’un de ses concerts au vélodrome d’Arcachon.

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Le MRAP apporte toute sa solidarité à Yannick Noah qui a fait l’objet de menaces de mort et d’injures racistes à l’occasion de l’un de ses concerts au vélodrome d’Arcachon.

En effet, peu de temps avant son concert d’Arcachon, Yannick Noah a reçu une enveloppe contenant une balle de 5,56 mm tandis qu’étaient placardées à proximité du lieu du concert des affichettes portant les phrases suivantes : « Les nationalistes sont de retour », « Notre identité nationale, c’est d’abord notre sang » ou encore « Le métissage généralisé détruit la diversité ».

Le MRAP solidaire de Yannick Noah, se propose d’être partie civile à ses côtés dans le cadre d’un procès.

Ce nouvel épisode de la haine raciale confirme ce que le MRAP a exprimé dès le lendemain de la tuerie en Norvège. Ceux qui passent aux actes ne sont que l’expression la plus violente des messages de haine et d’exclusion propagés par les incendiaires des droites extrêmes.

Au niveau européen, des voix s’expriment, au plus haut niveau ,avec des messages forts, pour que les responsables et chefs d’Etat se saisissent de la montée du racisme et de la xénophobie de l’extrême-droite. Le gouvernement de la France est cependant resté relativement atone plombé sans doute par l’aile la plus xénophobe du parti majoritaire que plus rien ne distingue de l’extrême-droite traditionnelle.

Tant qu’une action résolue n’aura pas été engagée contre les propagandistes xénophobes des droites extrêmes, il y a aura d’autres drames comme en Norvège et d ‘autres Noah recevront des balles par courrier.

Paris, le 28 juillet 2011.

mercredi 27 juillet 2011

Communiqué du MRAP

Le MRAP porte plainte pour incitation à la haine raciale contre un candidat de Marine Le Pen

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Alors que Marine LE PEN tente une manoeuvre cosmétique pour masquer le vrai visage du FRONT NATIONAL, Jacques COUTELA, candidat FN aux cantonales à Saint Florentin, assure la promotion d’Anders Behring Breivik, le présente sur son blog comme un résistant, une icône, un nouveau Charles Martel, luttant contre l’invasion musulmane.

Ainsi, on peut trouver sur internet un appel implicite à la reproduction de la tuerie. Tandis que le peuple Norvégien pleure ses victimes, Jacques COUTELA, candidat FN aux cantonales à Saint Florentin, au lendemain du drame, publie sur son blog d’extrême-droite « la valise ou le cercueil » un article où il affirme « la raison de l’action terroriste du nationaliste norvégien : combattre l’invasion musulmane... faisons de ce résistant une icône ». Il appelle alors d’autres « Charles Martel » à l’action.... un autre déséquilibré ? La question est posée.

La duplicité de Marine LE PEN ne trompe personne ! alors qu’elle pousse des cris d’orfraie  contre le communiqué du MRAP qui dénonce le climat délétère entretenu par le FN et la droite populaire, elle adoube des candidats FN racistes qui assurent la promotion de Anders Behring Breivik.

Paris, le 26 juillet 2011.

mardi 26 juillet 2011

Communiqué du MRAP

Le MRAP continuera à dénoncer le vent mauvais qui souffle sur l’Europe

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Le communiqué du MRAP, affirmant que les droites extrêmes européennes entretiennent un climat délétère en Europe, a entraîné une salve de protestations émanant du Front national et de la “Droite Populaire” de l’UMP.

Le MRAP réaffirme que si l’acte du déséquilibré est un acte purement individuel, il s’est nourri idéologiquement d’un terreau alimenté par tous ceux qui, en Europe, stigmatisent les immigrés, les étrangers, les musulmans.

Le MRAP affirme que les déclarations de la présidente du Front National théorisant sur l’occupation musulmane ainsi que l’obsession de la "Droite populaire" contre les bi-nationaux font souffler un vent mauvais sur la démocratie.

Le Front National et la "Droite populaire", si proches idéologiquement, tentent de gommer la dimension raciste du drame norvégien pour la réduire  à un acte de déséquilibré apolitique, mais les faits sont têtus.

Il suffit de consulter la vidéo ayant précédé le drame pour constater que Anders Behring Breivik a largement fait appel à des ressources visuelles disponibles dans le marigot internet de l’extrême-droite, notamment française. Ses thèmes et obsessions anti-immigrés ou musulmanophobes sont communs à toute l’extrême-droite.

Déjà la presse fait état de déclarations de dignitaires du Front national rapprochant la tuerie de « l’explosion de l’immigration en Norvège », Bruno Gollnisch préférant quant à lui la théorie du complot contre l’extrême-droite.

Plus grave, on peut trouver sur internet un appel implicite à la reproduction de la tuerie. Alors que le peuple norvégien pleure ses victimes, un individu, au lendemain du drame, publie sur le site d’extrême-droite « La valise ou le cercueil » un article où il affirme que « la raison de l’action terroriste du nationaliste norvégien : combattre l’invasion musulmane... faisons de ce résistant une icône ». L’auteur de cet article infâme appelle alors d’autres « Charles Martel » à l’action.... Un autre déséquilibré ? La question est posée. Ce contributeur quasi unique du blog concerné, publie en effet un article édifiant, intitulé « Ma candidature (FN) pour les cantonales », affiche et profession de foi à l’appui.

Le Front National ou la "Droite populaire" peuvent menacer le MRAP, celui-ci, conformément à sa mission, continuera a dénoncer  la propagande anti-immigrés et anti-musulmans dans toute l’Europe,  qui ne peut rester sans effet sur les cerveaux les plus fragiles et les plus déséquilibrés.

Le MRAP tient à saluer la déclaration de la commissaire européenne en charge des Affaires intérieures, Cecilia Malmström, qui estime nécessaire la dénonciation par les dirigeants européens de la rhétorique xénophobe qui a guidé l’auteur du carnage commis en Norvège.

Paris, le 26 juillet 2011.

samedi 23 juillet 2011

Communiqué du MRAP

Après les épouvantables tragédies de Norvège le MRAP en appelle à plus de vigueur et de responsabilité contre la xénophobie et le rejet de l’« Autre »

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Le MRAP apporte son soutien au peuple norvégien et toute sa compassion aux familles des victimes si durement éprouvées par les deux violents attentats d’hier samedi 22 juillet 2011 à Oslo, qui auraient fait au moins quatre-vingt-sept morts.

Il condamne cet acte horrible commis, selon les informations rendues publique à ce jour, par un fanatique d'extrême-droite présenté comme un fondamentaliste chrétien, nationaliste et violemment hostile aux musulmans.

Mais cette tuerie ne saurait se réduire au seul acte d'un déséquilibré. La mémoire des victimes nous impose de déterminer toutes les causes et responsabilités de ce crime épouvantable.

En Norvège, le « Parti du Progrès », nationaliste et xénophobe, à recueilli plus de 22% aux élections législatives de 2009. Sa leader a fait de l'islamophobie - ou plus exactement de la « musulmanophobie » - la matrice de son discours politique. Ceci ne pouvait rester sans conséquences.
Dans toute l’Europe, les partis populistes et les extrêmes droites - “Front National” en France, “Parti du progrès” en Norvège, “Démocrates suédois” (parti politique suédois nationaliste), « Parti du peuple danois » (PPD),  « Jobbik » de Hongrie...( que leurs personnalités s'appellent Siv Jensen en Norvège, Geert Wilders au Pays Bas ou Marine Le Pen ) – sans oublier en France la droite extrême qu’est la « Droite populaire » de l’UMP qui est présente au gouvernement - portent une lourde responsabilité dans le climat délétère qui pèse sur le continent tout entier.

Après cette épouvantable tragédie – qui ne peut être dissociée de cette sombre réalité - le MRAP en appelle à plus de vigueur dans la lutte contre les groupuscules d'extrême-droite racistes ainsi qu’à plus de responsabilité pour combattre des politiques dont on sait qu’elles entretiennent la xénophobie et le rejet de l'Autre.

Paris le 23 juillet 2011 

jeudi 14 juillet 2011

Liberté, égalité, fraternité… Retrouver la République



Libertés
Auteur de l'article : LDH
Liberté, égalité, fraternité… Retrouver la République


Les rassemblements organisés par le collectif « Non à la politique du pilori » le 14 juillet 2011 à Paris et dans d’autres villes de France ont permis d’affirmer la volonté des organisations, associations, syndicats et partis de retrouver les fondamentaux d’une république dévoyée par la politique du gouvernement Sarkozy.
A Paris, en présence de Raymond Aubrac et de Charles Paperon, quelques centaines de militantes et de militants, résistants d’hier et d’aujourd’hui ont entendu les engagement pris par les uns et les autres de ne rien lâcher pour la défense des droits, de la citoyenneté et de la démocratie. Stéphane Hessel, empêché, était présent grâce à un message enregistré spécialement pour cette commémoration du 222
e anniversaire de la prise de la Bastille.

Depuis bientôt un an, les plus hautes autorités de l’Etat s’acharnent à dresser les citoyens les uns contre les autres. Elles ont successivement jeté à la vindicte publique les Roms et les Gens du voyage, les Français d’origine étrangère, les habitants des quartiers populaires, les chômeurs et précaires qualifiés d’« assistés »… Elles ont ressorti le vieux mensonge d’une immigration délinquante, elles pratiquent la politique de la peur et de la stigmatisation.

Nous avons manifesté le 4 septembre 2010, dans toute la France, contre ce dévoiement de la République. Aujourd’hui, chacun mesure la terrible responsabilité de ceux qui ont donné un label de respectabilité aux idées d’extrême droite, à la xénophobie, à la haine et au rejet de l’autre. De dérapages verbaux en pseudo-débats, de crispations identitaires en reculs sociaux, la voie a été grande ouverte à une crise démocratique encore plus grave que celle du 21 avril 2002.

Parce que nous sommes attachés aux valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité, nous ne supportons plus que la République soit ainsi défigurée, la laïcité instrumentalisée au service de la stigmatisation de millions de nos concitoyens, la xénophobie banalisée dans les propos de ministres et de députés qui prétendent parler en notre nom à tous. Nous refusons que la peur soit utilisée pour faire reculer nos libertés, que les inégalités soient encouragées par l’injustice fiscale, le recul des droits sociaux et la démolition des services publics.

Nous refusons cette République défigurée ; celle que nous voulons, c’est la République « laïque, démocratique et sociale » que proclame notre Constitution ; celle du 14 juillet 1789, du rassemblement populaire de 1936 ; celle, enfin, du Conseil national de la Résistance. Celle qui s’attache inlassablement à garantir à tous l’égalité en dignité et en droits, l’égale liberté, l’égal respect de la part de ceux qui les gouvernent.

C’est pourquoi nous lançons un appel solennel au rassemblement de toutes et tous, à la mobilisation des consciences pour le retour de cette République que nous voulons plus que jamais libre, égale et fraternelle.

Deux cent vingt-deuxième anniversaire de la prise de la Bastille, ce 14 juillet est le dernier avant l’échéance présidentielle de 2012. Sachons nous en saisir, nous rassembler pour fêter la République de la meilleure manière qui soit : en appelant nos concitoyennes et concitoyens à faire respecter ses valeurs, aujourd’hui et demain.

Immigrés: une boîte à outils pour répondre à Marine Le Pen et Nicolas Sarkozy


Un article de Médiapart
11 Mai 2011 Par Carine Fouteau

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Un travail de contre-expertise de longue haleine à visée utilitaire. Entre juin 2010 et mars 2011, une trentaine de personnalités – des économistes, des juristes, des historiens, des sociologues, des acteurs associatifs, des syndicalistes, des responsables patronaux, des hauts fonctionnaires et des représentants d'organismes internationaux – ont été auditionnées sur les questions d'immigration par l'association Cette France-là et des parlementaires, surtout de gauche, et un peu de droite. Objectif: prendre Nicolas Sarkozy au mot de sa «culture du résultat» et évaluer la politique mise en œuvre depuis le début du quinquennat.

Mediapart a accompagné cette initiative en mettant en ligne l'ensemble des vidéos des auditions, jugeant précieuse leur valeur documentaire (pour les regarder, cliquer ici). En vue de l'élection présidentielle de 2012, le rapport de synthèse rédigé par Cette France-là (pour le lire, cliquer là) s'apparente à une boîte à outils pour lutter contre les stéréotypes et les contrevérités assenées dans l'espace public. Les élus ont communiqué leurs conclusions de leur côté ce mercredi 11 mai (pour les consulter, cliquer ici), alors que le projet de loi Besson-Hortefeux-Guéant devrait être définitivement adopté à l'Assemblée nationale et au Sénat.

Pour le collectif Cette France-là, créé en 2007 par des universitaires, des journalistes et des militants associatifs, «l'immigration est un faux problème, à la fois mal informé et mal posé: ses prémisses ne résistent pas à l'analyse. Nos gouvernants le reconnaissent d'ailleurs implicitement, en déplaçant sans cesse la question pour la relancer – de l'immigration irrégulière à l'immigration dite “subie”, et aujourd'hui à l'immigration légale, en même temps qu'aux Français naturalisés, voire d'origine étrangère».

Y a-t-il trop d'immigrés en France? Coûtent-ils trop cher aux finances publiques? Font-ils baisser les salaires? Recension des questions telles qu'elles sont posées et instrumentalisées, de Marine Le Pen à Claude Guéant et parfois jusqu'au PS, et des argumentaires pour y répondre. Les bibliographies des personnes citées sont détaillées ici.

1. Y a-t-il trop d'immigrés en France?
«Il y a à peu près 200.000 étrangers supplémentaires qui sont autorisés à séjourner en France, cela représente, il faut s'en rendre compte, la taille d'une ville comme Rennes, par exemple. Mon objectif, c'est de réduire ce nombre de 20.000», a déclaré Claude Guéant, sur TF1 le 15 avril 2011, tandis que Marine Le Pen plaide pour l'immigration zéro. Décrivant un «monde de sédentaire», le géographe Gildas Simon a rappelé, lors de son audition, que le nombre des migrants internationaux s'élève aujourd'hui à peu près à 230 millions de personnes, dont 200 millions en situation régulière, selon la division de la population de l'ONU, soit 3,3% de la population mondiale.

À propos de l'immigration en provenance d'Afrique subsaharienne, qui constitue un objet d'inquiétude récurrent de Nicolas Sarkozy («Il y a 475 millions de jeunes Africains qui ont moins de 17 ans. La France est à 14 kilomètres de l'Afrique, par le détroit de Gibraltar», avril 2008), le démographe Cris Beauchemin dément l'image de l'Afrique terre d'exode. Les arrivées de migrants subsahariens se sont certes intensifiées depuis les années 1970, mais la part des Subsahariens demeure minoritaire parmi les immigrés: en France, elle s'élevait à 12 % en 2004, alors que 35 % d'étrangers venaient de l'Union européenne, 31 % du Maghreb et 17 % d'Asie. En nombre, l'Hexagone se situe dans la moyenne européenne (5,2 millions en 2008, soit 8,4% de sa population).

L'économiste Joël Oudinet précise par ailleurs qu'«on estime entre 200 et 400.000 le nombre d'étrangers en situation irrégulière en France. 400.000 personnes, cela représente 0,6 % de la population française. La proportion est équivalente au Royaume-Uni. Elle est de 1,2 % en Allemagne, de 1,1 % en Italie et de 3,2 % en Espagne». En matière d'entrées et de sorties, la France figure parmi les pays développés qui ont accueilli la plus faible proportion d'immigrés. «Entre 1995 et maintenant, indique l'économiste, la part des étrangers en Espagne a augmenté 6 fois plus vite qu'en France; au Royaume-Uni, 3,5 fois plus vite; en Allemagne, 1,8 fois plus vite qu'en France; 5 fois plus vite aux États-Unis.» Joël Oudinet soutient même que la France est, «avec le Japon, un des pays riches qui a le plus maintenu ses frontières closes».
Non seulement il n'y a pas trop d'immigrés mais les flux ne doivent pas se tarir. Nombre de pays de l'Union européenne verraient leur population baisser sans cet apport. La France n'est pas dans cette situation, en raison du nombre élevé des naissances. Mais elle ne peut pas se passer d'immigration. Le seuil de remplacement de la population étant de 2,1 alors que son taux de fécondité est de 1,8, il manque 100.000 naissances par an pour assurer le remplacement des générations. «Un flux migratoire d'une ampleur à peu près comparable permet de combler ce déficit», souligne l'économiste Didier Blanchet. Soit 100.000 entrées nettes par an, ce qui correspond au rythme actuel des entrées et sorties (le chiffre de 200.000 avancé par Claude Guéant ne correspond qu'aux entrées sans tenir compte des sorties du territoire).


2. Les immigrés sont-ils trop peu qualifiés?


C'est l'une des idées reçues les plus tenaces. Selon l'Insee, la part des immigrés diplômés de l'enseignement supérieur est passée de 12 à 25% entre 1990 et 2007. Elle se rapproche donc désormais de celle des natifs (29% en 2007). Au cours de la même période, la proportion des immigrés dépourvus de diplômes a chuté de 53 à 37%, même si elle reste trois fois supérieure au pourcentage des natifs sans diplôme. «Les Subsahariens sont plus diplômés du supérieur que la moyenne des immigrés, et plus diplômés du supérieur que la moyenne des personnes qui vivent en France métropolitaine», indique Cris Beauchemin, même si les femmes sont, elles, moins bien loties.

Cette situation contredit l'idée selon laquelle la «misère du monde» se presserait aux frontières de la France. Elle s'explique par le fait que l'émigration, en particulier du Nord vers le Sud, est coûteuse. Selon le spécialiste des migrations et de l'économie du développement, El Mouhoub Mouhoud, la mondialisation des échanges a contribué à une augmentation sensible de ses coûts, car, contrairement aux autres composantes de la mondialisation, à savoir le commerce, les investissements directs à l'étranger, les mouvements de capitaux et les transferts de technologie, on constate que la circulation des personnes n'a pas ou peu été libéralisée.

À la différence des migrations «fordistes» des années 1950 et 1960, ce sont les migrants eux-mêmes, et non pas les entreprises, qui assument le coût de la mobilité. Il en résulte que les candidats à l'émigration ne se recrutent pas parmi les moins bien dotés en capitaux financier, humain et social.


3. Les immigrants sont-ils trop «différents»?


Quand il remet au goût du jour la notion controversée d'«assimilation», lors d'un récent séminaire gouvernemental à Matignon, Claude Guéant préconise l'acculturation des immigrés, c'est-à-dire l'abandon de leurs habitudes d'origine. Nombre de responsables de la droite gouvernementale et d'extrême droite disent, plus ou moins ouvertement, que les populations récemment immigrées, seraient difficiles à «intégrer». Leurs mœurs les empêcheraient d'adhérer aux valeurs républicaines de laïcité et d'égalité entre les sexes. C'est ce qui ressort des différentes polémiques, utilisées comme des chiffons rouges, sur les prières de rue, le niqab ou la polygamie.

L'historien Gérard Noiriel montre que ce type d'assertion est récurrente, en particulier dans les périodes de crise économique et sociale où les inégalités se creusent et où les gouvernants sont impuissants à répondre à la peur de la pauvreté ou du déclassement éprouvée par les classes populaires.

Dès les années 1880, les Italiens travaillant en France se voient reprocher leur supposé défaut d'«assimilation». Dans Immigration, antisémitisme et racisme en France, l'historien décrit comment la rhétorique des années 1930 joue de l'opposition entre les «bons» immigrés d'avant et leurs successeurs considérés comme peu ou difficilement intégrables. Les travaux scientifiques invalident ces préjugés: en analysant des critères comme l'acquisition de la langue, la fréquence des unions mixtes et la mobilité socio-économique, ils démontrent que l'insertion des migrants dans la société française s'effectue à peu près au même rythme d'une génération à l'autre. Jean-Pierre Garson, économiste à l'OCDE, le confirme: «La promotion des immigrés est une réalité souvent cachée, invisible, alors qu'elle se vérifie dans les chiffres.»


4. Les immigrés coûtent-ils cher à la France?


C'est un des thèmes de prédilection traditionnels de Marine Le Pen. «L'immigration peuple la France d'ayants droit pour qui, bien souvent, la seule affinité avec notre pays se limite aux avantages matériels qu'il leur procure», écrit-elle dans son programme. Mais elle n'est pas la seule. Récemment, le secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé, a pris l'argument frontiste à son compte.

«Sur l'immigration à caractère strictement social, nous allons nous heurter à un problème, c'est que nous n'aurons plus les moyens de payer, c'est-à-dire que derrière cela le coût social pour le contribuable est tellement élevé qu'il y aura un moment où on ne tiendra plus le coup financièrement, parce que c'est du déficit et qu'on n'y arrive plus», a-t-il déclaré sur RFI.

«D'aucuns vont jusqu'à laisser entendre que les avantages offerts par le système de protection sociale français constituerait l'une des principales motivations de l'expatriation des migrants. Les étrangers sont alors portraiturés en oisifs, vivant aux crochets des autochtones par l'entremise de l'assurance chômage et de l'accès gratuit aux soins et à l'éducation pour leurs enfants», rapporte Cette France-là, qui souligne qu'une enquête d'Eurostat de 2001, menée à la fois auprès de migrants déjà présents en Europe et parmi des candidats au départ résidant encore dans leurs pays d'origine (en l'occurrence la Turquie, le Maroc, l'Égypte, le Ghana et le Sénégal), montre que seuls 3 à 28% des migrants ont acquis des connaissances sur la protection sociale que pouvait leur offrir leur nouveau ou futur pays d'accueil.

À la différence des pays anglo-saxons, où les travaux sur la contribution des immigrés aux finances publiques sont monnaie courante, ils sont rares en France, ce qui empêche que le débat ait lieu sur des bases sérieuses. D'où l'intérêt d'une récente étude sur l'impact de l'immigration sur les comptes de la protection sociale réalisée pour la MIRE, le centre de recherches du ministère de la santé, des affaires sociales et du travail. L'économiste Lionel Ragot y a participé.

Après avoir calculé le montant des prélèvements effectués par l'État et le niveau des prestations perçues, il conclut, en tenant compte de la structure par âge, que «globalement la contribution au budget des administrations publiques des immigrés, en 2005, était positive et de l'ordre de 12 milliards d'euros. (...) Si on ramène ça par immigré, grosso modo la contribution nette d'un immigré, en 2005, était de 2.250 euros alors que celle d'un natif était de 1.500 euros». Plus un étranger est hautement qualifié, plus son apport aux finances publiques est important, constate Lionel Ragot qui rappelle aussi que les deux postes de dépenses que sont le RMI et les aides au logement «sont beaucoup moins importants dans l'ensemble des transferts sociaux, les deux postes les plus importants étant les retraites et la santé».

Également interrogé, Joël Oudinet partage la même analyse. «Les études, dit-il, montrent que le solde est plutôt positif: ils dépensent en moyenne plus en impôts qu'ils ne bénéficient d'aides sociales. L'impact est d'autant plus positif que les migrants sont qualifiés.»

En tenant compte des perspectives démographiques, et notamment du vieillissement de la population, Lionel Ragot va plus loin. Sans les immigrés, il sera plus difficile de payer les retraites et de financer la branche maladie. «Nos résultats sont sans ambiguïté, insiste-t-il. Si on compare avec immigration et sans immigration, on voit bien que l'immigration a un apport au financement de la protection sociale puisque sans immigration, en 2050 ce n'est pas 3% du PIB en plus qu'il faut trouver pour financer la protection sociale, c'est quelque chose de l'ordre de 4,3%. Ça montre bien que l'immigration réduit le fardeau fiscal lié au phénomène du vieillissement démographique.»


5. Les immigrés font-ils baisser les salaires?


La présidente du FN répète que l'immigration est «poussée par le grand patronat pour qui elle est une délocalisation à domicile qui lui permet de compresser les coûts salariaux». Là encore Marine Le Pen est rejointe par la droite. Cette fois-ci, c'est Hervé Morin, ancien ministre de la défense et président du Nouveau Centre, qui déclare: «Que Claude Guéant dise “il faut arrêter les flux migratoires”, je l'approuve, parce que les flux migratoires pèsent sur le pouvoir d'achat, parce qu'ils pèsent sur les salaires.» Ce présupposé est pourtant sans fondement.

Certes, d'un point de vue théorique, «les salaires sont effectivement susceptibles de baisser s'il y a une concurrence entre les demandeurs, selon l'économiste Joël Oudinet. (Mais) cela n'est valable que pour les emplois substituables: mêmes types de compétences et de qualifications. À l'inverse, les emplois complémentaires voient leurs revenus s'accroître. Mais dans les faits, toutes les études montrent que les effets sont très limités. On peut voir dans certains cas certaines baisses, pour ceux qui sont en concurrence, et certaines hausses, pour ceux qui ne le sont pas, mais c'est très très faible».

En outre, les «autochtones» ne sont pas les premières victimes d'éventuelles baisses de salaire: «La concurrence se joue essentiellement entre les anciens immigrés et les nouveaux arrivants, indique l'économiste. Ce sont donc les premiers qui voient leurs salaires baisser. Parce qu'ils se retrouvent dans les mêmes secteurs: construction, restauration, commerce, services, ménage... Dans toute l'Europe, ce sont les immigrés qui font tourner ces secteurs-là.»

Une étude récente, réalisée en 2010 par Javier Ortega, chercheur à la London School of Economics, et Grégory Verdugo, chercheur associé à la Banque de France, avance même que la présence d'immigrés sur le marché de l'emploi aurait, en réalité, plutôt un effet positif sur les revenus des natifs. Ayant étudié la période allant de 1962 à 1999, les auteurs constatent que non seulement «l'immigration a aidé les autochtones à grimper les échelons professionnels», mais que, en plus, «l'arrivée de migrants d'un niveau d'éducation et d'expérience donné aurait permis aux autochtones ayant le même niveau de se libérer de la contrainte d'occuper des emplois peu rémunérés et d'accéder à des postes mieux payés». Ainsi, «une croissance de 10% de l'immigration entraînerait une hausse de l'ordre de 3% des salaires des natifs».


6. Les immigrés prennent-ils les emplois des natifs?


Aussi ancrée dans l'esprit des Français, cette idée reçue n'a pas plus de justification que la précédente puisque le marché du travail se dilate pour s'adapter à l'arrivée de nouveaux venus. «Les immigrés sont aussi consommateurs, ils créent donc de la demande supplémentaire, donc des emplois, souligne Joël Oudinet. Toutes les études montrent, et c'est encore plus significatif que sur les salaires, que les migrants arrivant créent leurs propres emplois. Nous avons simulé un modèle macro-économétrique là-dessus, en 2007: en imaginant une augmentation de 10% du flux d'immigration au Royaume-Uni, le taux de chômage n'augmenterait alors que de 0,01 point au bout de 13 ans. Et si on allait jusqu'à + 1% de population active, le taux de chômage n'augmentait même que de 0,58%.»

Les exemples empiriques des rapatriés d'Algérie en 1962 et des Cubains en Floride confirment l'impact quasi nul que des afflux, même massifs, d'étrangers ont sur le taux de chômage du pays d'accueil. Par ailleurs, des pans entiers des secteurs des services, du bâtiment, de l'agriculture, de la restauration ou des travaux publics recrutent massivement leur main-d'œuvre parmi la population immigrée, car ils peinent à trouver preneurs pour les emplois pénibles et précaires.

7. La France manque-t-elle de logements pour accueillir les immigrés?

Cet argument ne cesse d'être utilisé, y compris parfois à gauche. Et pourtant, les analyses du démographe François Héran viennent le contrecarrer. «Les capacités d'accueil de la France seraient en nombre fini, seraient quantifiables et seraient déjà saturées. Or, l'adéquation entre les flux d'entrée et les moyens disponibles est une affaire très complexe», dit-il, citant, aux côtés des entrées d'étrangers, les afflux de naissances inattendus, tel le baby boom qui a provoqué l'arrivée de 7 millions de personnes, ou les afflux de personnes âgées, «là encore, dit-il, 7 à 8 millions de survivants supplémentaires qu'on n'avait pas prévus, à cause de l'allongement de la vie».

D'où sa conclusion, éloignées des lieux communs: «On a dit “nos capacités d'accueil sont limitées, désolés, il va falloir réduire les flux”... C'est assez intéressant de voir qu'en réalité une politique démographique, si on peut utiliser ce grand mot, c'est quand même fondamentalement de devoir faire avec, c'est-à-dire d'accueillir le surcroît de population imprévu et les migrants en font partie. À la différence qu'il y a des époques où on va les chercher.»