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mardi 5 juin 2012

Communiqué du MRAP

Le MRAP demande l’interdiction du rassemblement du Bloc identitaire devant le siège du PS.

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Jeudi 7 juin 2012, l’organisation d’extrême-droite « Bloc identitaire » appelle à un rassemblement devant les locaux du Parti Socialiste sur le thème « Hollande n’est pas notre président ».
Qu’une organisation qui s’inscrit dans une filiation fasciste (la trajectoire de ses principaux dirigeants en atteste) refuse les résultats du suffrage universel est une menace pour la démocratie même si cela n’étonne pas le MRAP.

Ce rassemblement est l’occasion d’une démonstration raciste et homophobe.

Cette organisation s’est déjà distinguée en organisant des soupes populaires excluant les juifs et les musulmans, contrevenant ainsi aux lois qui répriment racisme et discrimination (ce qui lui a valu des condamnations ou interdictions pour discrimination). Elle incite par ailleurs à la haine raciste en parcourant les rues de certaines villes au petit matin, en diffusant de faux appels de muezzins.

Le « Bloc identitaire », à l’instar de son dirigeant, Fabrice Robert pianote alternativement et selon les époques ou les circonstances , sur les touches du racisme anti-juif, anti-arabe, anti-noir, anti-musulman, mais le fil directeur reste le même : la haine raciale.

Fabrice Robert, qui entend prendre la parole rue de Solférino, a d’ailleurs, dans le passé, déjà fait l’objet d’une condamnation pour négationnisme.

Concernant les sympathies internationales du bloc identitaire, elles inclinent vers le marigot fasciste et génocidaire européen. Le candidat que le « Bloc identitaire » entendait présenter lors des dernières élections présidentielles nie le génocide de Srebrenisca et disculpe Karadjic de ses crimes.

Le MRAP demande l’interdiction de la manifestation prévue le 7 juin 2012, rue Solférino, par le bloc identitaire et ses dérivés organisationnels. Il semble impensable de laisser la rue à une organisation d’extrême-droite qui prône ouvertement la haine raciale et bafoue la souveraineté populaire.

Paris, le 5 juin 2012.

Communiqué du MRAP

Travailleurs-euses sans papiers : les organisations écrivent au Premier ministre

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Depuis 2006, et plus particulièrement depuis 2008 et 2009, des milliers de travailleurs-euses sans papiers ont, avec l'aide de leurs organisations syndicales et d'importantes associations, participé et organisé de puissants mouvements de grève coordonnés afin d'obtenir le seul document qui leur manque pour être conformes à ce qu'elles et ils sont - des salariés et salariées comme les autres - à savoir un titre de travail et de séjour.


Monsieur Jean Marc Ayrault
Premier Ministre
Hôtel Matignon
57 rue de Varenne
75010 PARIS
Paris, le 23 mai 2012

Depuis 2006, et plus particulièrement depuis 2008 et 2009, des milliers de travailleurs-euses sans papiers
ont, avec l'aide de leurs organisations syndicales et d'importantes associations, participé et organisé de
puissants mouvements de grève coordonnés afin d'obtenir le seul document qui leur manque pour être
conformes à ce qu'elles et ils sont - des salariés et salariées comme les autres - à savoir un titre de travail et
de séjour.
Nous, organisations syndicales et associations, les connaissons bien, qui les avons soutenus et vus pendant
des mois s'engager avec détermination dans le combat pour la justice et la reconnaissance sociale. Nous qui
les voyons au quotidien prendre leurs responsabilités personnelles et collectives, apportant aux uns et aux
autres leur solidarité, alors qu'eux-mêmes supportent toutes les avanies qui sont le lot de celles et ceux qui
sont contraints de vivre et de travailler dans cette situation de non-dit, de non-droit.
Et pourtant, elles et ils ne prennent le travail de personne, elles et ils prennent le travail dont personne ne
veut aux conditions qui, bien généralement, ont cours dans ces secteurs dits «non-délocalisables ». Ils
assurent le fonctionnement de pans entiers de secteurs économiques de notre pays: dans le bâtiment, les
travaux publics, la manutention, la logistique, le nettoyage, la restauration, les services aux particuliers, et
même dans la sécurité ...

Dans cette lutte, faite de grèves, de manifestations, de temps médiatiques et qui, comme vous le savez, a
perduré tout au long du quinquennat de N.Sarkozy, nous avons obligé les différents gouvernements de droite
à négocier avec les organisations syndicales des critères nationaux de régularisation pour l'ensemble des
travailleurs-euses sans papiers. Malheureusement, dans leur mise en oeuvre, ces avancées durement
conquises se sont heurtées et se heurtent encore trop souvent at/pouvoir discrétionnaire des préfets.
Il s'agit dans le cas présent de régler, non pas une question de «gestion de flux migratoires », mais
simplement la reconnaissance de travailleurs-euses qui vivent et travaillent ici, règlent leurs cotisations
sociales et leurs impôts (quand leurs employeurs ne les en empêchent pas) et qui participent, dans des
conditions difficiles, à la création de richesses pour l'économie de notre pays.
Dernièrement, le combat de ces salariés a été rejoint - dans le refus de la discrimination et de l'exclusion sur
des bases de nationalité - par les étudiants étrangers légitimement en lutte contre « la circulaire du 31 mai »).
Cette circulaire dite « Guéant» a encore renforcé la prégnance du Ministère de l'Intérieur, pour dire qui est
bon étudiant ou pas, qui, jeune diplômé, peut prétendre à une première expérience professionnelle ou pas. Et
d'une manière générale, qui peut travailler ou étudier dans notre pays ou pas. II faut ajouter à cela, les
augmentations des taxes lors des dépôts de dossiers, et les demandes de justification de ressources
insoutenables pour les étudiants.
Avec l'engagement économique, social et collectif de ces salariés et étudiants, l'image, encore véhiculée par
certains dans le débat présidentiel, de l'étranger travailleur ou étudiant «venu profiter de notre généreux
système social », ne correspond absolument plus à la réalité que perçoit l'opinion publique. Pour nos
compatriotes, elles et ils sont devenue e)s des femmes et des hommes qui dans l'adversité travaillent, étudient, vivent et agissent dans la dignité. En somme, l'image d'une France du courage et qui se lève très tôt pour ce faire.
Nous voulons enfin insister sur le fait que ces discriminations, que rien ne justifie, sont économiquement et
socialement graves de conséquences et humainement inacceptables.
Au moment où vous prenez des fonctions que nous savons lourdes, nous pensons qu'il est urgent de
combattre dans les faits la politique discriminatoire, tant décriée, des gouvernements précédents. La
plateforme «Pour la régularisation des travailleurs-euses sans papiers et l'égalité de traitement entre
Français(es) et Etranger(e)s dans les études comme au travail» en est l'un des moyens.

C'est pour vous la présenter, Monsieur le Premier Ministre, que nous avons l'honneur de vous demander
d'en recevoir les signataires.
Dans cette attente, nous vous prions d'accepter, Monsieur le Premier Ministre, nos respectueuses salutations
Pour la CGT, Bernard THIBAULT, secrétaire général.
Pour la FSU, Bernadette GROIS ON, secrétaire générale.
Pour l'UNEF, Emmanuel ZEMMOUR, président.
Pour Autremonde, Mathieu GODART, président.
Pour La Cimade, Patrick PEUGEOT, président. p
Pour le « Collectif du'31 mai », Fatma CHOUAIEB, porte-parole.
Pour Femmes Egalité, Ana AZARIA, présidente .
Pour la JOC, Stéphane HAAR, président.
Pour la LDH, Pierre TARTAKOWSKY, président.
Pour le MRAP, Bernadette HETIER pour la présidence collégiale.
Pour RESF, Florimond GUIMARD, militant RESF poursuivi pour ses activités.
Pour SOS Racisme, Dominique SOPO, président.

mardi 29 mai 2012

Communiqué du MRAP

Le MRAP s’élève contre une vision purement sécuritaire des politiques migratoires

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En maintenant l’ensemble de la politique d’immigration dans le champ de compétence exclusif du ministère de l’intérieur le gouvernement s’inscrit dans la continuité du gouvernement précédent.
Les naturalisations, les flux migratoires, l’asile politique sont donc adossé à la politique sécuritaire.

Là ou un geste fort s’imposait pour rompre avec une politique qui pendant 5 ans a systématiquement présenté les étrangers comme un risque pour la nation, le gouvernement a choisi le renoncement.

Il suffisait pour donner les gages d’une rupture avec le politique de stigmatisation des immigrés de rattacher, comme par le passé, les questions d’immigration, d’asile, et de naturalisation à d’autres ministères.

Le choix du ministère de l’intérieur pour gérer les questions d’immigration, est un geste politique inverse et un gage donné à la frange la plus xénophobe de l’électorat.

L’exemple de la politique précédente atteste que la démocratie n’a rien a gagner dans cette orientation politique, in fine c’est toujours l’extrême-droite qui ramasse la mise des mauvais calculs électoraux.

Par un tel choix politique le gouvernement ne récupéra rien dans la frange xénophobe de l’électorat mais perdra tout auprès de ceux qui attendaient une gestion plus humaine des flux migratoires.

Le MRAP espère vivement que cette intégration de l’immigration au ministère de l’intérieur n’est que temporaire et qu’une nouvelle répartition des responsabilités interviendra , après les législatives, rattachant les questions d’immigration à d’autres ministères, en particulier celui des affaires sociales.

Paris, le 29 mai 2012.

jeudi 24 mai 2012

Communiqué du MRAP Strasbourg


Croix gammées, slogans islamophobes et raciste,
insultes contre le Maire de Strasbourg,

Communiqué

Hier matin rue de l’Unterelsau à Strasbourg sur la façade d’un lieu de prière  musulman, les passants pouvaient voir des  inscriptions à la peinture rouge : cinq croix gammées, « Islam dehors », « Pas de mosquée », « Ries collabo », et en dessous « sale arabe » !

Cette ancienne boulangerie industrielle a été mise à disposition d’une association par la mairie PS de Strasbourg  en 2009 pour sortir les musulmans des caves et des rues en attendant un lieu de prière humain et digne. L’association  concernée « La mosquée de l’Elsau » a pour le quartier un projet très avancé.
Suite à ces inscriptions, la police a commencé une enquête, fait des prélèvements de peinture...

Les  autorités municipales ont condamné ces inscriptions notamment par la voix d’Olivier Bitz et fait aussitôt effacer ces horreurs par le service propreté.
Depuis « le choc des civilisations » prôné par Bush et repris par de nombreux chefs d’Etat et partis, depuis les campagnes électorales islamophobes menées par les partis de l’extrême-droite  et des droites extrêmes en France et en Europe,  les six millions de musulmans de France sont régulièrement stigmatisés.  Ces « théories » ont  des répercussions locales.

Aussi, le comité du MRAP exprime sa sympathie pour les musulmans  bouleversés et choqués  par cette attaque indigne et lâche, condamne fermement ces inscriptions et demande que le ou les coupables soient identifiés et déférés à la Justice.  

Le Maire est dans son rôle de favoriser le vivre ensemble. 
Les inscriptions « Ries collabo », « sale arabe » sont des insultes qui nous révoltent.

Ce vendredi à 13h50 venez au rassemblement 
au bout de la rue de l’Unterelsau !

La fête du parc Schulmeister ce samedi, organisée par la municipalité, est aussi une occasion d’exprimer notre souci de vivre ensemble.
Venez-y nombreux !

Comité de Strasbourg du MRAP
Strasbourg, le  24 mai 2012.

Communiqué du MRAP

Campagne de haine raciste contre Christiane Taubira, l’UMP assure la sous-traitance du Front national...

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En ciblant Christiane Taubira, les députés UMP de la Droite Populaire se font les petits factotums de l’extrême-droite. Cette dernière n’a en effet jamais admis la loi française qui reconnaît la traite négrière comme crime contre l’humanité.
Christiane Taubira étant à l’origine de cette loi, elle est donc la cible politique depuis 1999, de tous ceux qui s’inscrivent dans l’héritage politique des théoriciens du racisme, de l’apartheid, de l’inégalité des races supposées et de la négation du crime commis contre l’humanité à l’encontre des populations noires déportées et réduites à l’esclavage.

Front National, identitaires, Riposte Laïque tous ont lancé une offensive sans précédent contre la ministre. Même RTL donne tribune à Eric Zemmour, Céline  sans la plume, haineux et misogyne, pour déverser sa haine contre la Ministre.

En affirmant que la désignation de Christiane Taubira, lui faisait « mal à la France », le député de l’UMP Jean-Paul Garraud, doute de l’attachement de la Ministre à la République. Quand il ajoute que cette attaque ne s’explique pas par la « couleur de peau » de C. Taubira, la négation sonne alors comme un aveu.

Son acolyte de l’extrême « Droite Populaire »  de l’UMP, Lionel Lucas, a quant à lui été fouiller dans le web des poubelles de l’extrême-droite pour agiter des rumeurs totalement infondées concernant la ministre. L’art de la délation est aussi le patrimoine commun à toutes les droites extrêmes.

Dans cette campagne odieuse contre la ministre, l’UMP apparaît comme la gestionnaire de la régie publicitaire raciste du Front National.

L’attachement de Christiane Taubira à la Guyane n’est à l’évidence pas étranger à ces attaques concertées.

Le MRAP dénonce cette campagne de haine que le Syndicat de la Magistrature relève fort justement comme un ensemble de « sous-entendus racistes et sexistes ».

Au delà de cette condamnation, le MRAP retient des premières propositions de la Ministre l’excellente initiative qui entend supprimer les tribunaux correctionnels pour mineurs, et sa défense réaffirmée des principes d’une justice des mineurs.

Le MRAP espère une politique judiciaire qui redonne toute sa force et son efficacité à la législation française contre le racisme et les discriminations dont le dernier rapport d’Amnesty International donne un bilan accablant.


Paris, le 24 mai 2012.

mardi 22 mai 2012

Communiqué du MRAP

Après la défaite de la droite : deux urgences pour le MRAP

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Le MRAP se réjouit de la défaite de Nicolas Sarkozy et de cette droite qui pendant 5 ans, touche après touche, a mis en place un racisme d’Etat, utilisant, l’Autre, l’étranger, l’immigré, le Rom, le musulman comme bouc émissaire, les rendant responsables de la crise pour protéger les vrais coupables et éviter de proposer de réelles solutions, économiques, sociales et politiques aux problèmes des Français.
Aujourd’hui, le MRAP a deux tâches essentielles :

Combattre sans relâche, pied à pied, l’arsenal idéologique de la droite extrême et du parti d’extrême droite de Marine Le Pen. Contrairement à Nicolas Sarkozy, le MRAP réaffirme que le Front National n’est pas compatible avec la République. Partout, pour les législatives, le MRAP appelle à unir les forces pour faire barrage aux candidats du parti de la haine.

Faire avancer nos revendications :
- fin des contrôles au faciès
- fin de l’impunité des violences policières
- sortir de la politique d’expulsion et de la traque aux sans papiers, avec en première urgence la mise en place d’un moratoire sur les reconduites aux frontières
- fin de la tutelle du ministère de l’intérieur sur les politiques d’immigration
- fermeture des centres de rétention
- arrêt des mesures d’exception pour les citoyens roumains et bulgares (régime transitoire)
- abrogation des mesures discriminatoires envers les Tsiganes et Gens du Voyage, en particulier, suppression du carnet de circulation.
- droit de vote des étrangers non communautaires comme l’une des premières tâches de la future Assemblée Nationale

Au niveau international, le MRAP :
- se réjouit que le nouveau président François Hollande ait annoncé le retrait des troupes françaises d’Afghanistan.
- agira pour que la France reconnaisse les droits du peuple palestinien et se prononce pour des sanctions réelles et efficaces contre Israël
- rappelle l’urgente nécessité d’en finir avec la politique de la françafrique pour établir des relations respectueuses et équilibrées entre la France et les pays africains.

Paris, le 21 mai 2012.

lundi 7 mai 2012

Communiqué du MRAP

8 mai 1945 – 8 mai 2012 : le MRAP rend hommage aux « oubliés de l’histoire »

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Le 8 mai 1945 était signée la capitulation sans condition de l’Allemagne nazie. Aujourd’hui, après 5 années de xénophobie d’Etat et une campagne électorale durant laquelle, une droite - dont les composantes de droite extrême n’ont plus rien de républicaines - ainsi que le Front National - ont rivalisé dans l’abject. C’est ainsi qu’ont été tour à tour désignés « l’autre » - étranger, immigré, musulman ou supposé tel – ainsi que le Rom, à la vindicte populaire dans des discours d’exclusion dont la haine constitue le fil directeur.
Le MRAP se doit de rappeler qu’à cette victoire sur le IIIe Reich et le fascisme ont contribué, à côté des alliés –Soviétiques, Américains et Anglais pour la plupart – de nombreux immigrés venus d’Afrique noire et du Maghreb mais aussi de l’Europe toute entière.

Les uns avaient fui l’idéologie fasciste qui avait d’abord triomphé en Italie, puis en Allemagne et  en  Espagne ; d’autres, colonisés, espéraient que leurs peuples bénéficieraient eux aussi de cette liberté chèrement acquise pour sortir du statut colonial et devenir des citoyens de leur propre patrie.

On ne demandait pas alors aux combattants étrangers de la résistance s’ils mangeaient de la viande hallal ou s’ils avaient des papiers ! Qu’il s’agisse des Algériens, Marocains, Tunisiens, Africains, Antillais , Malgaches, de ceux du groupe Manouchian de la Main d’Œuvre Immigrée (MOI) désignés comme « terroristes » sur l’Affiche rouge,  ou encore de ceux qui, dans des chars baptisés Guadalajara Ebro, Teruel, Brunete, Madrid – mais également Don Quijote ou Durruti - ont contribué à libérer Paris.

« Pourrions nous accepter que nos cimetières où se mêlent par milliers les croix chrétiennes, les étoiles juives et les croissants de l’Islam, soient ensevelies sous l’oubli et l’ingratitude ? », interrogeait le Général De Gaulle le 23 avril 1968.

Aujourd’hui un très grand nombre d’ enfants et petits enfants de ces combattants morts pour la France sont sans papiers, sans droits, sans reconnaissance. Et ceux d’entre eux qui sont de nationalité française sont trop souvent victimes du racisme, de la relégation, de la discrimination.

Le MRAP tient également à rappeler que non seulement ces « indigènes » ont été exclus du défilé de la victoire du 8 mai 1945 à Paris, mais que, ce même jour, une répression terrible s’abattait en Algérie, sur la région de Sétif, parce qu’un drapeau algérien, symbole de l’indépendance, était brandi au cours d’un défilé célébrant la victoire. Il y eut alors des milliers de morts.

En ce 8 mai 2012, le MRAP tient à rendre hommage à tous ces combattants venus d’ailleurs, « à ces étrangers et nos frères pourtant », qui ont lutté pour que la devise Liberté, Égalité, Fraternité ne soit pas un vain mot. Et quel meilleur hommage que de continuer leur lutte pour une société plus juste d’où le racisme aura enfin disparu, où le « vivre ensemble » l’emportera sur toutes les peurs et les haines.

Paris, 8 Mai 2012

jeudi 3 mai 2012

Communiqué du MRAP

Le MRAP appelle à voter contre Nicolas Sarkozy

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La droite au pouvoir a rompu les amarres républicaines et s’en va très loin du port, dans les eaux troubles de l’extrême-droite. Ces derniers jours Nicolas Sarkozy s’est rapproché encore plus de l’extrême-droite, en affirmant le 24 avril, à Longjumeau, que Marine Le Pen est « compatible avec la République ».
La stigmatisation des immigrés était déjà devenue le thème central de la campagne du président-candidat : le débat télévisé d’hier soir 2 mai est venu enfoncer le clou en brandissant l’épouvantail d’un vote forcément « communautaire » - sur fond de ‘hallal’ et de ‘centres de rétention’ - pour refuser le droit de vote aux élections locales aux  ressortissants non européens vivant en France, comme y sont favorables près de 6 français sir 10 (sondage Harris Interactive réalisé pour La lettre de la citoyenneté  en novembre 2011).

Quant à lui, Gérard Longuet, jadis co-fondateur mouvement Occident et auteur de son premier programme économique, maintenant l’un des principaux ministre de Nicolas Sarkozy, a pu déclarer au journal d’extrême-droite Minute que Marine le Pen était un interlocuteur avec qui on peut parler des « sujets difficiles ». Ce retour dans le marigot de ses premières amours politiques n’étonne pas, il déclarait il y a quelques temps que Malek Boutih ne faisait pas partie du « corps traditionnel français ».

Le désaveu de certains dignitaires de l’UMP ne doit pas faire illusion, il s’agit seulement d’un partage des tâches dans la stratégie présidentielle, afin de ratisser de l’extrême-droite jusqu’au centre de l’échiquier politique. Pour le MRAP, Nicolas Sarkozy et ses proches procèdent à un blanchiment des idées brunes Marine Le Pen, qui dansait hier encore avec les néo-nazis autrichien.

A l’issue du scrutin du 6 mai il serait inconcevable que cette droite extrême, dont Nicolas Sarkozy est le candidat, soit encore en charge des destinées de la France. Le MRAP appelle a voter contre Nicolas Sarkozy.

Paris, le 3 mai 2012.

lundi 16 avril 2012

Communiqué du MRAP

La France ne doit pas être complice de la politique de l'Etat israélien

Ce dimanche matin 15 avril, les autorités aéroportuaires de Roissy et les forces de l'ordre , répondant aux ordres des services secrets israéliens, se sont mises au service de l'état colonisateur.

Des membres de l'opération « bienvenue en Palestine «  se sont vues refuser l'embarquement vers Tel Aviv , escale vers les territoires palestiniens.

D'autres membres de l'expédition, qui avaient réussi à s'embarquer se sont heurtés dès leur arrivée à Tel Aviv à un barrage de 650 policiers. Arrêtés ils doivent être réexpédiés vers leurs pays d'origine.

L'État israélien qui méprise toutes les résolutions de l'ONU et bafoue les droits de l'homme, poursuit donc sa politique d'annexion avec la complicité de ses supplétifs européens , notamment le gouvernement français et sa police. 

Le MRAP dénonce la contribution des autorités françaises à cette politique d'apartheid et à ce rideau de fer qui prive le peuple palestinien de ses soutiens humanitaires .


Paris le 15 avril 2012
 

jeudi 12 avril 2012

Communiqué du MRAP

Le MRAP salue la mémoire de Raymond Aubrac


C’est avec une immense tristesse que le MRAP a appris le décès de  Raymond Samuel, celui qui devait devenir Raymond Aubrac. Il adresse à sa famille et à ses amis ses plus sincères condoléances.

Pour le MRAP,  dont Raymond et son épouse Lucie étaient membres, ils resteront les symboles de la résistance héroïque au nazisme, de la lutte pour la liberté, l’égalité, la fraternité.

Arrêté aux côtés de Jean Moulin, le 21 juin 1943 à Caluire, près de Lyon, dans le Rhône, Raymond Aubrac est interrogé par Klaus Barbie, le chef de la Gestapo. Emprisonné à Montluc, il sera libéré quatre mois plus tard grâce à une action héroïque de sa femme, Lucie.

Fidèle toute sa vie à ses engagements, Raymond Aubrac n’a jamais cessé son combat avec son épouse, notamment auprès des jeunes, pour que la mémoire de la Résistance ne tombe pas dans l’oubli.

Honorer la mémoire de Raymond et de Lucie est un engagement pour les générations futures, en continuant notamment d’affirmer comme eux : « Résister, se conjugue toujours au présent »

Paris, le 12 avril 2012.

mardi 27 mars 2012

Communiqué du MRAP

Assez joué avec les peurs et les amalgames !

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Le MRAP s’indigne de l’exploitation honteuse à des fins électorales des crimes de Toulouse et Mautauban. La surenchère raciste et xénophobe à laquelle on assiste sur ce tragique événement entre Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen est intolérable.

Entre les propos de Nicolas Sarkozy (« Je rappelle que deux de nos soldats étaient... musulmans, en tout cas d’apparence ») et ceux de Marine Le Pen (« Combien de Mohamed Merah dans les bateaux, les avions, qui chaque jour arrivent en France remplis d’immigrés? (…) Combien de Mohamed Merah parmi les enfants de ces immigrés non assimilés ? »), c’est à qui saura se montrer le plus odieux.

Le racisme n’est ni un jeu, ni un objet de concours !

La désignation à la vindicte populaire de catégories de population (l’étranger, l’immigré, le Rom, le Comorien, le jeune des quartiers populaires, …) entretient dans notre pays un climat délétère favorable aux passages à l’acte de fanatiques, de quelque nature qu’ils soient.

Les apprentis sorciers jouent avec l’insécurité, la peur, le racisme et la haine qui sont distillés comme un poison sournois et qui gangrène notre société : le poison finit par tuer le vivre ensemble, et tuer tout court.

L’insécurité c’est le mal être social, les quartiers populaires laissés à l’abandon, la casse de l’école, la peur du chômage.

L’insécurité,  ce ne sont pas les étrangers et les immigrés, mais bien des propos racistes et xénophobes destructeurs sur le net !

L’insécurité, c’est la participation de Marine Le Pen à un bal néo-nazi à Vienne, le jour même de commémoration de la libération du camp d’Auschwitz. Le Pen père théorisait hier sur le « détail de l’histoire ». Marine Le Pen profite des derniers évènements tragiques pour relancer l’idée de la peine de mort, châtiment barbare d’un autre temps et nullement dissuasif.

L’insécurité, c’est l’irresponsabilité assumée des propos provocateurs de Ministres en exercice de la République : Monsieur Hortefeux, Madame Morano, et Monsieur Guéant lequel, le 4 février 2012 à Lyon, lors d’une soirée organisée par l’UNI (syndicat étudiant d’extrême droite), n’hésitait pas à déclarer : « nous devons protéger notre civilisation... je considère que toutes les civilisations ne se valent pas ».

Assez joué avec les peurs et les amalgames ! Le MRAP en appelle, notamment en cette période électorale, à la vigilance démocratique, à la résistance citoyenne et aux mobilisations unitaires pour faire échec aux incendiaires qui tuent les valeurs républicaines d’égalité et de fraternité, héritées de 1789, qui sont les nôtres.

Paris, le 23 mars 2012.

mardi 20 mars 2012

Les migrants, boucs émissaires de la crise







Les étrangers sont aujourd’hui les premières victimes, mais comme souvent, la manière dont on les traite est révélatrice des méthodes qui sont déjà appliquées à d’autres ou le seront demain, qu’il s’agisse d’étrangers ressortissants de l’Union Européenne comme les Roms de Roumanie et de Bulgarie, de l’ensemble des populations précaires ou des simples citoyens.


Le collectif D’ailleurs nous sommes d’ici 67 et les associations signataires appellent à une
Conférence-débat 
avec Violaine CARRERE du G.I.S.T.I.
(Groupe d’Information et de Soutien aux Immigrés)

le mercredi 21 mars 2012 à 20h15 
à la Maison des Syndicats _ 1, rue Sedillot - Strasbourg

Associations signataires :

ATMF67, ATTAC Strasbourg, Cercle Communiste d’Alsace, EELV Strasbourg, JC67,Jeunes Ecologistes Alsace, MRAP Strasbourg, FSU 67, NPA67, PCF67, PCOF 67, UJFP-Alsace.


http://dailleursnoussommesdici.org/ 






Communiqué du MRAP


21 mars : journée mondiale de lutte contre les discriminations - Le MRAP lance un appel : non à une société racisée !

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A l’heure où le racisme vient encore de frapper de façon la plus ignoble qui soit en visant délibérément des enfants lors de l’attaque d’une école juive à Toulouse, le MRAP lance un appel solennel : non à une société racisée! 

45 ans après la décision de l’ONU d’une Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale, 40 ans après le vote par le Parlement français de la Loi  instituant le racisme comme délit, le Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples s’inquiète des discours ouvertement xénophobes de l’actuelle campagne présidentielle.

Les vieux démons réapparaissent et les masques tombent : comme dans les années 30, l’étranger redevient le « bouc émissaire », à qui on attribue la responsabilité de tous les maux de la société.  Pour le parti au pouvoir, c’est une tentative de masquer les échecs économiques et sociaux de 5 ans de gouvernement, pour l’extrême droite de faire oublier l’inadéquation de son « projet ».

Quand des responsables gouvernementaux tiennent des propos stigmatisants, quand certains media se font l’écho complaisant des dérapages verbaux, comment s’étonner de la recrudescence des actes racistes et de la banalisation du racisme au quotidien ? Comment faire reculer les discriminations que de tels discours semblent légitimer ?

L’immigration est vilipendée, les droits des migrants remis en cause – au mépris des engagements internationaux de la France qui a ratifié les conventions qui protègent les migrants et tout particulièrement les demandeurs d’asile.
Les projets de fichage ethnique – par le recensement, les statistiques ethniques - se dissimulent sous une prétendue volonté de mieux connaître les discriminations. Les statistiques ethniques ouvriraient la voie aux quotas.
Le MRAP refuse de tels « outils » qui contribueraient à construire des « races » et à aboutir à une société racisée.

Le MRAP lutte contre cette vision de la société française : les problèmes des banlieues sont les problèmes sociaux et politiques de la France, chômage, mal logement, la ghéttoïsation, l’inégalité d’accès à la formation. Ce sont les inégalités sociales, quelle que soit l’origine des personnes, qu’il faut dénoncer et combattre.

Une autre politique, une réelle volonté politique sont nécessaires pour faire reculer la « bête immonde » du racisme.

Paris, le 21 mars 2012.

lundi 19 mars 2012

Communiqué du MRAP

L'hébergement d'urgence, un combat pour la dignité

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Les associations et organisations soussignées,
Constatant :
Que l’insuffisance de logements sociaux, la cherté du logement encouragée par les politiques publiques, la flambée des loyers et des charges, la hausse des expulsions locatives, le renforcement des discriminations, l’inflation des prix dans tous les domaines de la vie quotidienne, nourrissent une grave crise du logement et engendrent une augmentation considérable du nombre de personnes sans logis et mal-logées. 
Que la pauvreté salariale et le chômage, le creusement des inégalités, le développement de l’insécurité sociale, le désengagement de l’État allant jusqu’à contester le principe même de la solidarité nationale et à accuser les populations vulnérables de creuser les dépenses publiques, nourrissent la crise du logement.
Que par ces choix, l’Etat piétine les lois qui rendent effectif l’accès aux droits, particulièrement celui d’être hébergé décemment lorsque l’on est sans abri, jusqu’à une orientation vers une structure d’hébergement stabilisée, de soin ou un relogement, en conformité avec les articles L 345-2-2 et L 345-2-3 du Code de l’action sociale et des familles.

Se félicitent :
Que l’association Droit au Logement, accompagnant des personnes victimes de la non-application de ce droit à l’hébergement, ait traduit l’Etat devant la juridiction administrative.
Que le Conseil d’Etat ait rendu le 10 février 2012 une décision déclarant que le non-respect par l’Etat des dispositions du Code de l’action sociale et des familles est une atteinte à une liberté fondamentale, sans interroger la situation administrative de la personne sans abri.
Que suite à cette jurisprudence du Conseil d’Etat, le Tribunal Administratif de Paris, saisi d’un référé-liberté, ait rendu en quelques heures une ordonnance faisant obligation à l’Etat d’héberger une jeune mère et son enfant.
Qu’une avancée dans le respect d’un droit soit ainsi rendue possible par l’action en justice.

Décident :
De mettre en place ensemble un site ressource appelé « 115 juridique.org », et tout autre moyen approprié pour multiplier les actions en référé-liberté et obtenir l’hébergement en urgence de ceux et celles qui sont à la rue, ou le seront à la fin de la trêve hivernale des expulsions, et à la fin du plan grand froid.
Déclarent qu’une telle action, dont l’issue ultime devrait être l’éradication totale du mal-logement, s’inscrit dans la lutte qu’elles mènent pour que notre société se mette en branle, resserre les filets de la protection sociale et fasse du droit au logement une liberté fondamentale.

AC !, ACDL, ADVOCACY, ATTAC, BAGAGERUE, CAL, CFDT CREDIT FONCIER IDF, CGT, CGT de l’IEDOM, CNAFAL, COPAF, DAL, FASTI, FNARS, France Terre d’Asile, Fondation Copernic, FSU, LDH, MRAP, RESF, SNP-FO Caisses d’épargne, SNUCLIAS-FSU, SPUCE CFDT, Syndicat des Avocats de France, Union Syndicale Solidaires, SUD Education, SUD santé-sociaux, Syndicat de la magistrature, Union Syndicale de la Psychiatrie
Avec le soutien : Alternative Libertaire, EELV, Les Alternatifs …

samedi 17 mars 2012

Campagne 2012 contre l'extrême droite


Paquet-FN-v2.jpg Paquet-FN-v2b.jpg Paquet-FN-v2c.jpg 

Cliquez sur une des images pour avoir la version haute résolution
(imprimable du A5 au A3)
 Autocollant-Sarkozysme-AffrontNational-site.jpg
Les comités locaux peuvent commander les autocollants au siège national du MRAP.

lundi 5 mars 2012

Communiqué du MRAP

Monsieur Guéant : à quand un statut spécial des musulmans ?

— Mots-clés associés : 

Le MRAP n’a pas pour habitude de galvauder l’histoire, mais chaque déclaration du ministre de l’intérieur semble puiser ses sources dans les remugles du passé.

En affirmant, à propos du droit de vote des étrangers, que des « conseillers municipaux étrangers rendraient obligatoire la nourriture hallal dans les repas des cantines, ou réglementeraient les piscines à l’encontre des principes de mixité », Claude Guéant vise l’ensemble des musulmans.

Il reprend implicitement la thèse d’extrême-droite de la cinquième colonne, musulmane en l’occurrence, qui menacerait la France.

Les musulmans utiliseraient le droit de vote pour imposer leurs normes supposées à toute la société. Jamais, depuis la fin des années 40, un ministre de l’intérieur n’avait ainsi stigmatisé toute une partie de la population en fonction de son orientation religieuse.

La prochaine étape serait t-elle celle d’un statut spécial des musulmans, les privant de leur droit de vote ?

Le MRAP considère que le ministre de l’intérieur, en service commandé au profit d’un président aux abois électoraux, a définitivement quitté l’espace politique de la droite républicaine pour rejoindre celui d’une droit extrême qui se confond avec l’extrême-droite.

Les républicains de droite sont placés devant leurs responsabilités: jusqu’où vont-ils tolérer cette course-poursuite avec l’extrême-droite, celle d’hier ou d’aujourd’hui ?


Paris, le 4 mars 2012.

Communiqué du MRAP

Non à l’instrumentalisation du retour de la « double peine » à la veille des élections présidentielles

— Mots-clés associés : 

En acceptant de répondre favorablement à la campagne « Une Peine ./ » pour en finir avec le bannissement des étrangers ayant de fortes attaches personnelles et familiales avec la France (protégés par l’article 8 de la Convention Européenne des Droits de l’Homme), le ministre de l’Intérieur de l’époque, Monsieur Nicolas Sarkozy, s’était engagé à favoriser l’adoption de dispositions législatives protectrices de la vie privée et familiale des étrangers présents en France : ce fut acquis dans le cadre de la loi du 24 juillet 2006 relative à l’immigration et à l’intégration.

La loi modifiait en conséquence les articles 131-30-1 et 2 du Code pénal et disposait que ne pouvait être prononcée une peine d’interdiction du territoire français à l’encontre d’étrangers ayant de fortes attaches en France (arrivés en France avant l’âge de 13 ans, ou résidant en France depuis plus de vingt ans, ou conjoint de ressortissant français, ou père ou mère d’enfant français) ou gravement malades.

Or, une proposition de loi de M. Jean-Paul Garraud (UMP), signée par 138 de ses collègues, « tendant à renforcer l’effectivité de la peine complémentaire d’interdiction du territoire français et visant à réprimer les délinquants réitérants», a été examinée le 1er mars par l’assemblée nationale et prévoit d’expulser de France les étrangers condamnés à au moins cinq ans de prison. La version issue des débats du 1er mars prévoit que « II. - La peine d’interdiction du territoire français est également encourue de plein droit en cas de condamnation d’une personne de nationalité étrangère pour tout crime ou délit intentionnel puni d’une peine d’emprisonnement d’une durée égale ou supérieure à cinq ans (au lieu de trois dans la version initiale). Elle est prononcée obligatoirement, à titre de peine complémentaire ou de peine principale » (sa durée variant selon la nature des délits commis). La proposition de loi devrait être définitivement adoptée par l’assemblée le 6 mars.

Une telle proposition de loi « surfe » sur le récent rapport 2011 de l’ « Observatoire National de la Délinquance et de la Réponse Pénale » (présidé par Alain BAUER) qui reflète exclusivement l’activité de la police et la délinquance constatée, tandis que seuls les rapports du ministère de la justice font état de la délinquance avérée sur le fondement des condamnations prononcées. De plus, sur 226.775 étrangers mis en cause, 89.577 l’ont été exclusivement pour séjour irrégulier, sans commission de délit pénal. Parmi les faits constatés de délinquance violente, le rapport BAUER souligne une baisse du nombre de mis en cause entre 2009 et 2010, plus importante pour les personnes de nationalité étrangère (- 3,7 %) que pour les personnes de nationalité française (- 1,9 %) ». De quoi remettre quelques pendules à l’heure.


Le MRAP condamne énergiquement :
- la proposition de loi GARRAUD et du groupe UMP qui s’inscrit dans le droit
fil du programme rendu public par la convention UMP de Lyon, le 15 février
2012,
- le vote final de la proposition de loi prévu le 6 mars, au dernier jour de
la législature,

ce qui constitue une instrumentalisation honteuse des étrangers présents sur le territoire français, en pleine campagne des élections présidentielles.


Paris, le 3 mars 2012.