jeudi 14 juillet 2011

Le fiasco sécuritaire

Syndicat de la Magistrature

Communiqués de presse, publié le 8 juillet 2011, mis à jour le 8 juillet 2011

L’heure des comptes a sonné. Dans quelques mois, celui qui a conquis le pouvoir en se présentant comme le protecteur indéfectible de la sécurité des Français sollicitera sa réélection à la présidence de la République. Manifestement efficace en 2007, la posture magique de la « rupture » ne lui sera plus d’aucun secours : c’est bien de son bilan qu’il sera question. Avec un redoutable effet rétrospectif : sur son terrain de prédilection – la « guerre aux voyous » qu’il a choisi d’incarner lorsqu’il était ministre de l’Intérieur (au point de « tuer le job » selon sa modeste expression) –, la période de référence sera bien de dix ans (2002-2012).

A cet égard, le rapport de 248 pages que vient de publier la Cour des comptes sur « l’organisation et la gestion des forces de sécurité publique » entre 2002 et 2010 ressemble fort à une mauvaise nouvelle pour le candidat Nicolas Sarkozy. On comprend, dès lors, que ses plus fidèles soutiens, de Claude Guéant à l’ex-secrétaire général de Synergie-Officiers en passant par le toujours subtil Eric Ciotti, aient immédiatement entrepris d’en saper la crédibilité.

Las, le président de la plus haute juridiction financière a beau être socialiste, près de 90 magistrats de cette vénérable institution – d’ordinaire très respectée – ont participé au délibéré à l’issue duquel a été adopté ce rapport précis et documenté, qui relate les résultats d’une enquête menée par les chambres régionales des comptes dans 52 villes de quatre régions.

A l’aune de la doxa sécuritaire, les conclusions de la Cour sont accablantes : statistiques de la délinquance biaisées et instrumentalisées, effets pervers de la « gestion par objectifs », mauvaise utilisation des effectifs de police et de gendarmerie en baisse depuis 2009, inégalités accrues entre les citoyens selon les territoires en fonction de la localisation des forces de l’ordre, dévoiement de la vidéosurveillance insuffisamment contrôlée et dont l’efficacité n’est pas évaluée, hausse des atteintes aux personnes, augmentation du nombre de policiers municipaux dont la formation est lacunaire...

Le constat n’est pas nouveau. Nombreux sont les policiers et les magistrats qui dénoncent depuis des années les vices et les impasses d’une « politique du chiffre » orchestrée dans une logique exclusive de communication et validée a posteriori par l’affichage de résultats mensongers. Nombreux sont également les observateurs – certes affreusement « droits de l’hommistes » – qui ont rapidement tiré la sonnette d’alarme : la frénésie sécuritaire est aussi inefficace que dangereuse.

Car cette politique de la peur et du pilori a un coût plus élevé encore, qui n’apparaît pas dans les comptes publics mais qui pèse sur la société : elle détruit le lien social, dégrade l’Etat de droit et défigure la justice.

Ci-joint : le rapport de la Cour des comptes
http://www.syndicat-magistrature.org/Le-fiasco-securitaire.html

Frontex, la petite muette

par Claire Rodier


Le projet européen a pu apparaître comme un rempart aux excès sécuritaires et xénophobes des politiques nationales. Pourtant, en matière d’immigration, le processus d’élaboration de règles communes se caractérise par un nivellement par le bas : fermeture des frontières, criminalisation de l’immigration, application restrictive du droit d’asile. Depuis 2004, l’Union s’est d’ailleurs dotée d’un bras armé pour exécuter ses basses œuvres en matière de répression des migrants aux frontières : l’agence Frontex.


De l’agence Frontex (agence européenne pour la gestion de la coopération aux frontières extérieures), on connaît surtout les interceptions maritimes qu’elle pratique aux frontières sud et sud-est de l’Europe pour empêcher les barques de migrants d’arriver sur les côtes espagnoles, italiennes ou grecques. On sait aussi qu’elle fournit aux États membres de l’Union européenne (UE) l’appui nécessaire pour organiser des « opérations de retour conjointes » de migrants, autrement dit des charters d’expulsés. Depuis la fin de l’année 2010, on a vu qu’elle pouvait mobiliser en quelques jours plusieurs centaines de garde-frontières pour sécuriser une zone : sous le contrôle de Frontex, des équipes d’intervention rapide aux frontières (RApid Border Intervention Teams, RABITS) sont venues, à la demande de la Grèce qui se jugeait débordée par l’« afflux massif » de migrants, apporter une « assistance technique et opérationnelle renforcée » à la frontière gréco-turque.

On a beaucoup moins d’informations sur deux autres missions de Frontex : d’une part le travail de renseignement, en vue de la production d’« analyses de risques » (il faut comprendre : de risques migratoires), elles-mêmes destinées à orienter le choix de ses interventions pour la protection des frontières européennes ; d’autre part la collaboration avec les forces d’intervention de pays non européens via la négociation d’accords techniques. L’une et l’autre jouent pourtant un rôle déterminant dans la « guerre aux migrants » dans laquelle l’UE est engagée depuis une dizaine d’années. La métaphore belliqueuse n’est pas exagérée, non seulement parce que cette guerre a déjà fait de nombreuses victimes, mais aussi au regard des moyens logistiques dont dispose Frontex, de ses modes d’intervention et de son organisation.

Lire la suite de l'article sur le site de la revue VACARME:
http://www.vacarme.org/article2015.html 

mercredi 13 juillet 2011

Communiqué du MRAP

Le MRAP, membre de ROMEUROPE communique : 
Communiqué de presse ROMEUROPE: Roms, un an après Grenoble


Collectif National Droits de l’Homme Romeurope



Association Biterroise Contre le Racisme) – ALPIL (Action pour l’insertion sociale par le logement) – AMPIL (Action Méditerranéenne Pour l’Insertion sociale par le Logement) – ASAV (Association pour l’accueil des voyageurs) – ASEFRR(Association de Solidarité en Essonne avec les  familles roumaines et rroms) – Association Solidarité Roms  de Saint-Etienne – CAM (Comité d’Aide Médicale) – CCFD-Terre solidaire  – LA CIMADE (Comité intermouvements auprès des évacués) – CLASSES (Collectif Lyonnais pour l’Accès à la Scolarisation et le Soutien des Enfants des Squat) – FNASAT-Gens du voyage – Habitat-Cité – Hors la Rue – Imediat – LDH (Ligue des Droits de l’Homme) – Lien Tsigane – MDM (Médecins du Monde) – Mouvement catholique des gens du voyage – MRAP (Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples) – ROMAQUITAINE – Rencontres tsiganes – RomActions – Romeurope Val-de-Marne – Secours catholique (Caritas France) – SICHEM (Service de Coopération Humanitaire pour les Etrangers et les Migrants) – Une famille un toit 44 – URAVIF (Union régionale des associations pour la promotion et la reconnaissance des droits des Tsiganes et des Gens du voyage d’Ile-de-France)

Et le Comité de soutien de Montreuil, le Comité de soutien aux familles roms de Limeil-Bonneuil, le Comité de soutien 92 Sud, le Collectif Romeurope e l’agglomération nantaise, le Collectif de soutien aux familles rroms de Roumanie, le Collectif Rroms des associations de l’agglomération lyonnaise, le Collectif Romyvelines, le Collectif de soutien aux familles roms de l’agglomération orléanaise, le Collectif des sans-papiers de Melun, le Collectif solidarité Roms et gens du voyage du Nord.



Paris, le 13 juillet 2011


INVITATION CONFERENCE DE PRESSE

le 21 juillet à 11 heures



Roms, un an après Grenoble : hors caméras, les discriminations et les expulsions continuent…


Le 30 juillet 2010, Nicolas Sarkozy prononçait le tristement célèbre discours tenu à  Grenoble, qui stigmatisait en particulier les Roms et annonçait une vaste campagne de démantèlement des « campements illicites ».

Si elle était pour la première fois exprimée au plus haut sommet de l’Etat, cette pression sur les Roms n’est pas nouvelle : les bidonvilles sur lesquels ils sont installés sont régulièrement démantelés, ce qui condamne des familles à une errance perpétuelle, s’oppose à leur insertion, à leur prise en charge sanitaire, à la scolarisation des enfants etc. Depuis plusieurs années, ces citoyens européens de « seconde zone » représentent plus de 30% des étrangers « éloignés » du territoire.

La pression policière, les expulsions systématiques - parfois extrêmement violentes et à la limite de la légalité – se sont intensifiées. Loin de mettre fin à la précarité, aux bidonvilles, à la misère, cette politique ne fait qu’aggraver les difficultés sociales de cette population.

Depuis l’été dernier, nombreux sont ceux qui n’ont pas pu rester spectateurs devant cette politique d’exclusion de familles parmi les plus fragiles en Europe. Des comités de soutien plus nombreux ont développé avec les familles Roms des actions importantes pour s’opposer  aux expulsions, apporter des soutiens humanitaires et pour développer des projets d’insertion avec des collectivités territoriales.

Depuis l’adhésion de la Roumanie et de la Bulgarie à l’Union européenne le 1er janvier 2007,  les Roms migrants, qui sont pour la plupart originaires de ces deux pays, ont le droit de circuler et de vivre en Europe. Contrairement à la majorité des pays-membres de l’Union, la France maintient des mesures discriminatoires à leur encontre.

Ces dispositions transitoires rendent très difficile l’accès au travail des citoyens roumains et bulgares et limitent leur droit d’installation. Ces règles les contraignent de fait à la précarité et sont aujourd’hui le principal obstacle à l’insertion sociale des Roms.

Alors que ces mesures transitoires prennent fin le 31 décembre 2011, le gouvernement français a d’ores et déjà annoncé sa volonté de les prolonger jusqu’en 2014.

Par cette décision, le gouvernement français maintient délibérément des populations dans la précarité et favorise le développement des bidonvilles, de la misère sociale, et de conditions de vie indignes.

Les organisations signataires réclament la levée immédiate des mesures transitoires qui est la condition indispensable à l’accès des Roms au droit commun.

Pour faire le point sur la situation des Roms en France un an après la réunion interministérielle du 27 juillet à l’Elysée qui préparait ces politiques « anti-Roms », le collectif Romeurope vous invite à une

Conférence de presse
le jeudi 21 juillet à 11 heures
au siège de la FNASAT – Gens du Voyage,
59, rue de l’Ourcq, 75019 Paris - Métro Crimée, ligne 7
(Salle de réunion au 1er étage)

Contact presse :
Damien Nantes, Hors la Rue,          06-81-93-41-52
Alexandre Le Cleve, La Cimade,     01-44-18-66-08

Merci de confirmer votre présence à l’adresse suivante :
marilisa.fantacci@romeurope.org